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APRES
QUELQUES SEANCES ORGANISEES DANS NOTRE bel appartement tout en boiseries,
il était temps que mon esclave soit confrontée aux
affres d'une grande soirée bien rôdée.
Pour ce faire, j'avais choisi de l'emmener à la soirée
du Dôme dont la publicité était parvenue jusqu'à
notre tour d'ivoire. Comme dans les plus beaux contes fantastiques,
la soirée du Dôme se déroulait dans un lieu
que seule une initiation pouvait révéler. Le flyer
l'indiquait : ne faites pas confiance à votre GPS, suivez
le plan. Annoncé via plusieurs endroits spécialisés,
ce troisième rendez-vous dédié aux délicatesses
de Sade comme de Sacher-Masoch promettait d'être une réussite.
Même Internet surchauffait. Les participants de divers sites
de rencontre s'invitaient mutuellement à faire connaissance
sur place.
Après
avoir trouvé l'antre, nous passions l'entrée réservée
aux personnes arborant un réel habit de cérémonie
(fi des jeans noirs et T-shirts assortis). Il fallait du cuir, du
latex, du métal pour être admis dans le sein des saints.
L'immense hall se présentait tel un marché médiéval
; un marché un peu spécial certes, voire, un marché
aux esclaves. Au mur, une série de croix de St André
se dressaient en face de chaises et de fauteuils réservés
au public des maîtres.
De l'autre côté de cette pseudo place de Grêve
: une scène où la plastique des punitions reçues
en groupe ravissait l'esthète qui sommeille en bien des pratiquants
de ces jeux douloureux. Plus loin : la foule, noire et respectueuse
des fantasmes de chacun. Ici, pas de sourire en coin, pas de gaudriole
mais une atmosphère dédiée au plaisir. Le tout
n'était pas sans évoquer les jeux antiques dédiés
aux satyres ou encore les fêtes en l'honneur de Priape.
Au-delà d'un muret, un autre espace se voyait pris d'assaut
par une horde de maîtresses toutes bardées de cuir
et d'une rare élégance. Une superbe jeune femme s'y
faisait attacher à une dernière croix de St André
pendant qu'une maîtresse, belle lolita en kilt enfermait son
soumis, nu, dans une cage noir mat.
On pouvait lancer le regard en tout sens, partout des scènes,
ici dures, là érotiques, se déroulaient. Chacun
était libre d'évoluer sur les chemins fantaisistes
de ses fantasmes sur la musique de circonstance. Les corps se frôlaient,
parfois dans une langueur agréable, jusque dans la black
room prévue à cet effet. Jamais il n'y eut la moindre
animosité.
Alors
que je m'installais dans un fauteuil avec, à mes pieds, ma
chienne. Une belle chatte humaine se fit enfermer juste à
côté de moi dans une grande cage. Elle se promenait
tel un félin avide de liberté. Quelques hommes avaient
sorti leur sexe. La femelle happait les membres raides pour l'un
ou l'autre coup de langue distrait. Elle vint aussi lécher
mes doigts que j'avais tendus à travers les barreaux depuis
mon fauteuil. Son maître lui réservait un soumis.
Il lui amena une chose grasse qui emplit une partie de la cage.
Tête bèche, ces deux êtres retournés au
stade animal allaient mutuellement s'amener à la jouissance.
Elle était fine, racée, lascive dans ses mouvements
; il était gras, lourd, laid et blanc mais cette masse de
chair, ces deux corps à la recherche du plaisir acquéraient,
au fur et à mesure des tâtonnements, une beauté
étrange.
On
a pu regretter les tables de café près de l'entrée
et la lumière trop puissante du vestiaire mais la fête
allait tout de même s'éterniser jusqu'à neuf
heures du matin le lendemain, c'est dire si les participants trouvèrent
leur dû.
Lors de cette troisième soirée du Dôme, nous
étions venus, ma soumise et moi-même, pour tâter
le terrain en débutants que nous sommes. Nous nous sommes
saturés l'esprit de tout ce que nous avons pu observer et,
c'est promis, la prochaine fois, nous ne resterons plus que spectateurs,
nous participerons complètement.
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