Témoignage
Une soirée pour Vanessa

(le 01.08.2005)

 

anessa, superbe blonde aux yeux verts, avait toujours recherché un maître. Quant à moi, après quelques essais infructueux, je m'étais rendu compte de cette attirance pour ce rôle. Arrivé à trente trois printemps, j'offris la chance à cette jeune fleur à peine épanouie (vingt ans) de trouver ce qu'elle cherchait.

APRES QUELQUES SEANCES ORGANISEES DANS NOTRE bel appartement tout en boiseries, il était temps que mon esclave soit confrontée aux affres d'une grande soirée bien rôdée.
Pour ce faire, j'avais choisi de l'emmener à la soirée du Dôme dont la publicité était parvenue jusqu'à notre tour d'ivoire. Comme dans les plus beaux contes fantastiques, la soirée du Dôme se déroulait dans un lieu que seule une initiation pouvait révéler. Le flyer l'indiquait : ne faites pas confiance à votre GPS, suivez le plan. Annoncé via plusieurs endroits spécialisés, ce troisième rendez-vous dédié aux délicatesses de Sade comme de Sacher-Masoch promettait d'être une réussite. Même Internet surchauffait. Les participants de divers sites de rencontre s'invitaient mutuellement à faire connaissance sur place.

Après avoir trouvé l'antre, nous passions l'entrée réservée aux personnes arborant un réel habit de cérémonie (fi des jeans noirs et T-shirts assortis). Il fallait du cuir, du latex, du métal pour être admis dans le sein des saints.
L'immense hall se présentait tel un marché médiéval ; un marché un peu spécial certes, voire, un marché aux esclaves. Au mur, une série de croix de St André se dressaient en face de chaises et de fauteuils réservés au public des maîtres.
De l'autre côté de cette pseudo place de Grêve : une scène où la plastique des punitions reçues en groupe ravissait l'esthète qui sommeille en bien des pratiquants de ces jeux douloureux. Plus loin : la foule, noire et respectueuse des fantasmes de chacun. Ici, pas de sourire en coin, pas de gaudriole mais une atmosphère dédiée au plaisir. Le tout n'était pas sans évoquer les jeux antiques dédiés aux satyres ou encore les fêtes en l'honneur de Priape.
Au-delà d'un muret, un autre espace se voyait pris d'assaut par une horde de maîtresses toutes bardées de cuir et d'une rare élégance. Une superbe jeune femme s'y faisait attacher à une dernière croix de St André pendant qu'une maîtresse, belle lolita en kilt enfermait son soumis, nu, dans une cage noir mat.
On pouvait lancer le regard en tout sens, partout des scènes, ici dures, là érotiques, se déroulaient. Chacun était libre d'évoluer sur les chemins fantaisistes de ses fantasmes sur la musique de circonstance. Les corps se frôlaient, parfois dans une langueur agréable, jusque dans la black room prévue à cet effet. Jamais il n'y eut la moindre animosité.

Alors que je m'installais dans un fauteuil avec, à mes pieds, ma chienne. Une belle chatte humaine se fit enfermer juste à côté de moi dans une grande cage. Elle se promenait tel un félin avide de liberté. Quelques hommes avaient sorti leur sexe. La femelle happait les membres raides pour l'un ou l'autre coup de langue distrait. Elle vint aussi lécher mes doigts que j'avais tendus à travers les barreaux depuis mon fauteuil. Son maître lui réservait un soumis.
Il lui amena une chose grasse qui emplit une partie de la cage. Tête bèche, ces deux êtres retournés au stade animal allaient mutuellement s'amener à la jouissance. Elle était fine, racée, lascive dans ses mouvements ; il était gras, lourd, laid et blanc mais cette masse de chair, ces deux corps à la recherche du plaisir acquéraient, au fur et à mesure des tâtonnements, une beauté étrange.

On a pu regretter les tables de café près de l'entrée et la lumière trop puissante du vestiaire mais la fête allait tout de même s'éterniser jusqu'à neuf heures du matin le lendemain, c'est dire si les participants trouvèrent leur dû.
Lors de cette troisième soirée du Dôme, nous étions venus, ma soumise et moi-même, pour tâter le terrain en débutants que nous sommes. Nous nous sommes saturés l'esprit de tout ce que nous avons pu observer et, c'est promis, la prochaine fois, nous ne resterons plus que spectateurs, nous participerons complètement.

 

Comte de Ste-Pâques
thedom@compaqnet.be

 
   
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