Témoignage

Nuit noire

(le 23.01.2005)

 

ntrée, nue, quelques pas, silence, lumière rare, murs sombres, à peine inquiète, pourtant Tes mains prises, placées sur tes reins, tu ne te retournes pas. Qu'aurais-tu vu sinon une femme vêtue de noir, cape qui de la tête au pied ne dit rien d'elle, sombre comme la pièce. Tu es consentante pour trop bien connaître mes jeux, nos jeux.

SANS UN MOT, JE TE LIE LES MAINS L'UNE A L'AUTRE par une corde qui enserre les poignets en des huits qui sont une entrave caressante, puis te retournes, te retiens par le solde de la corde, te présente à un lui, masqué lui aussi, qui tient à la main un bâillon qui te fait craindre une souffrance prochaine. Plac sous ton regard, il préfigure ton tourment, annonce que tes cris prendront la forme de tes larmes silencieuses tandis que tes dents s'y enfonceront, peut-être de toute la force de ta mâchoire.
Sur tes reins, je place un corset de cuir, en passe et repasse le lacet, enferme ton ventre, fait saillir tes fesses, et lis dans tes yeux l'espoir d'une caresse qui te tranquilliserait, tandis que d'oeillet en oeillet ton ventre s'enferme et le corset te cambre. Tu te sais belle ainsi saillante, corset noir qui contraste avec ta poitrine blanche, je t'admire, nous t'admirons dans le silence que tu partages.
Tu sais à notre long regard combien nous aimons ton corps, combien nous en avons joui, avec quel soin nous l'avons traité, avec quelle attention permanente nous l'avons maltraité.

Dans une boîte de satin, deux godemichés de belle taille, faits de cuir noir au contour trs suggestif. A leur extrémité passe un petit anneau de fer. Il se saisit du premier, je t'offre mon corps pour te maintenir en équilibre tandis que tu te mets sur la pointe des pieds, fléchis les genoux et exposes les lèvres de ton ventre. Je le sais qu'il te caresse et ne suis pas jalouse, je devine ses doigts sur les anneaux de tes petites lèvres puis sens à mesure que tu t'appuies sur moi la pénétration de ce membre de cuir qui prend possession de ton ventre autant que ton accueil qui est un merci. Alors de ma main sur ta nuque, je te cambre, te voilà à l'équerre et je vois déjà l'anneau de fer qui émerge de ton ventre.
De l'autre main, je redresse tes poignets liés, tu tombes à genoux, alors il se saisit de la corde qui a enfermé tes mains, l'amène à lui, jusqu'à ce que ton visage touche le sol et que tu m'exposes tes reins. La pénétration est lente, je te laisse repousser ce godemiché, je te force ce qu'il faut pour deviner plus que voir tes premières larmes, te laisse le repousser encore. J'ai toujours aimé tes fesses, en étais-je jalouse, c'est toujours moi qui les ai tendues vers les hommes qui aspiraient à te sodomiser. Si souvent je t'y ai préparée de ma langue, et quand un homme peinait à s'y frayer son chemin, c'est moi qui, placée derrière lui, te prenais par les hanches et te donnais à lui en une seule traction qui te faisais hurler et me faisais croire que c'était moi qui était dardée en toi.

J'aime tes fesses plus que tes seins, j'aime que par là tu sois prise. Pourtant tu repousses ce godemiché que j'y insinue, sans doute une caresse t'aiderait, mais il n'est pas temps, il n'est plus le temps, alors je te pénètre, je l'envoie te sonder les reins malgré l'opposition de ton anus, c'est ta faute si je te fais souffrir, je n'essuierai plus tes larmes.
Tous deux sont maintenant leur place, émergeant de quelques centimètres, qui de la vulve, qui de l'anus, tu es tendue sur le sol, immobile, craintive de les avaler tout à fait, craintive non moins des tourments qui se joindraient à tes mouvements. Une fine corde est nouée à un passant d'acier de ton corset qui domine la fente de tes fesses, puis, ainsi qu'une couturière passe le fil dans le chas, il passe la corde à l'intérieur du premier plug puis du second, puis l'insinue à l'intérieur des lèvres, le tend tandis que je les vois qui envahissent davantage ton ventre, tes reins. La corde ramenée à un autre passant de ton corset en dessus de ton pubis, il tend la corde cette fois-ci jusqu'à ce que des godemichés, seuls soient visibles les anneaux puis la noue fermement. Te voilà prise ainsi que tu l'aimes, doublement, et la corde insinuée entre tes fesses, tes lèvres s'en font la gardienne.

Je t'aide à te redresser, naturellement tu sers tes jambes, évidement il les écarte un peu, de son pied, puis de son genou. Je suis derrière toi, te tiens les avant-bras, les tire à moi, tu t'arrondis. A mesure que tes seins s'éloignent de lui, ton ventre s'en approche. Un genou terre, il se saisit des deux anneaux des petites lèvres, les joint, y glisse un cadenas, les enferment, vérifie la fermeture, se redresse. Il ne t'a plus touchée, pas même effleurée, tu as guetté ses doigts, espéré une caresse qui aurait été un partage, mais n'as reçu qu'un froid cadenas qui ferme ton ventre et te glace.
Alors que je relâche l'étreinte de tes bras, te redresse tu lui fais face, il te sourit, tu devines qu'il t'aime plus et tu le lui hurlerais si tu n'en étais pas entravée. Il pose chacune de ses mains sur tes avant-bras, les ramène dans le dos, j'entends ton paule qui craque quand tes coudes se touchent. Le solde de la corde qui entrave tes poignets est passé autour de tes coudes, six fois puis fermée d'un solide noeud. Il admire sans un mot ta poitrine qui saille tout à fait, de son regard te félicite pour ta taille qui sait se faire si frêle dans le corset. Avec lui je tourne autour de toi, il vérifie la tension des cordes, je m'assure de la rigueur des noeuds. Tes mains sont sur tes fesses et te permettrais une caresse que je réprime d'une pression sur tes paules qui te fait comprendre qu'il te faut te mettre à genoux, malgré les godemichés qui t'entravent les mouvements des hanches. Tu sais ne pas pouvoir espérer une fellation imposée qui te libérerait de ton bâillon, quoique ta bouche soit à la hauteur de son pnis dont le goût t'est si familier, et tandis qu'il immobilise ta tête à la hauteur de son désir tandis que je renouvelle à tes chevilles les noeuds qui s'appliquent déjà à tes poignets. A deux cordes plus étroites a été fait à l'un des bouts une boucle pareille celle d'un pendu. Chacune d'elle est placée au pouce de tes pieds, joins ainsi l'un à l'autre, puis passée tour tour autour de la plante des pieds, du coup de pied, du bas de la cheville, comme une sandalette si étroite qu'elle ne te fais qu'un seul pied, gauche et droit confondus. Equilibre précaire, il te soulève une épaule, tu as perdu l'appui de tes doigts, vacilles, ton visage tombe contre mes chaussures, ta poitrine te dit le froid du carrelage. Tu sers les genoux, mais d'une corde, je peux les serrer davantage, les coller l'un à l'autre, tout à fait, corde passée et repassée, juste au dessus, juste au dessous de ton articulation ; puis tes cuisses, là la chair permet une attache si forte qu'il me prend la corde des mains et dès le premier passage autour de tes cuisses je devine aux mouvements de tes fesses qu'il en maîtrise la tension bien mieux que moi. La corde sur tes cuisses, emballement, est enfoncée profondément dans la chair, le noeud fait solide ; ton immobilisation est enfin totale. Soumise, l'es-tu assez ? Le peux-tu davantage ?

Voilà une heure à peine que nous te tourmentons. Je ne refrains pas ma tentation de lui montrer le désir que tu nous donnes, alors je dénude ce pénis dont tu as été si souvent et malgré moi le vainqueur, le prends dans ma main, l'amène à ma bouche, l'avale au plus profond de ma gorge, l'y garde autant que mon souffle le permet ; je le sais qu'il te regarde, toi, je sais qu'à mesure qu'il bande dans ma bouche vos regards se confondent, et ses mains dans mes cheveux me prédisent mes prochains tourments.
Te voilà couchée sur le ventre, à tes mains, tes bras j'enfile un harnais de cuir, le noir te va si bien, une bride le serre à tes poignets, une seconde, plus longue s'entoure autour de ton corset et l'y maintient. Il me faut te retourner, il prend la bride la plus longue, je tiens l'anneau dans lequel il la passe et à nouveau il serre, tu y es insensible, le corset te protège, futilement, il ne sert la bride autour de toi que plus fermement, le cuir est solide, tu le ressens dans tes coudes collés à ton dos, ta cambrure s'accentue, ta poitrine se dresse encore. Il te devient une seconde peau. Un même harnais est enfilé à tes jambes, emballe tes pieds, tes genoux, tes cuisses pour ne laisser nues que tes fesses, harnais fermement lié qui devient gangue étroite qui t'enferme. A l'anneau qui pend du harnais au bout de tes mains enfermées, je passe une corde solide qui rejoint l'anneau fixé à la hauteur de tes talons, les relie, je la tend, force une impossible flexion de tes genoux, tes épaules s'immobilisent totalement, tu es tendue comme un arc, je te laisse souffler et tire à nouveau pour obtenir de toi une immobilisation paradoxale, droite comme un i, les articulations de ton corps sont forcées, tes épaules brûlent et te cambrent, tes coudes repoussent ton ventre et accentuent la cambrure de tes reins. Tes hanches rendues superbes par le corset ne s'articulent qu'au risque de la déchirure des plugs qui te possdent, tes genoux ne fléchissent qu'au prix de la déchirure de la peau prisonnière sous les cordes. Nous faisons le tour silencieux et tu vois, tandis que tu es sur le dos combien tu lui donnes du plaisir et je sais, tandis que tu es couchée sur le ventre combien je te dsire.

La corde passe dans la raie de tes fesses, tu ne m'en offres que la rondeur, je n'en vois que la douceur et je me prends à désirer les cravacher de la même main lourde que celle utilisée pour t'immobiliser. Mais il en veut à ta poitrine, alors je te soulève comme un lourd paquet, te place sur la pointe de tes pieds, t'appuie à un mur et t'y retiens tandis qu'il applique à chacun de tes seins une lourde pince d'acier qu'un vis ferme à la manire d'un étau et en allonge démesurément la pointe, dans la douleur d'une morsure de fauve. Il fallait un bijou à ta poitrine nue, cet tau qui s'ajuste lui convient. Je l'ai laissé serrer chacune des vis, ton bâillon est devenu à toi-même nécessaire tandis que je découvre combien la pointe de tes seins s'allonge au-delà de ce que tu nous as jamais montré. Sur ta tête je passe une cagoule et ferme la fermeture éclair qui à l'arrière la retient, puis l'immobilise. Je scelle la fermeture d'un cadenas d'acier qui repose contre ta nuque tandis qu'il en ajuste les yeux, la bouche et le nez. Puis il tire les deux parties de la fermeture éclair qui ferment la fente de la bouche au pied de ton nez puis y passe un cadenas. Tes oreilles masquées n'entendent pas le déclic de la fermeture, mais tu sais ta bouche close, tes lèvres silencieuses. Il tire la fermeture éclair sur ton oeil droit, puis sur ton oeil gauche et à nouveau, un cadenas lie entre elles les deux attaches de la fermeture. Je n'ai pas vu ton regard tandis qu'il a masqué tes yeux, j'ai vu qu'il le fit doucement, mais résolument, et j'ai vu son désir s'enorgueillir. J'ai vu son gland rougir quand il en a fermé le cadenas et j'ai vu sa main se glisser vers l'autre cadenas, celui qui ferme les lèvres de ton ventre et les caresser délicatement dans le secret de ta chambre noire. Puis il te soulève les pieds, je glisse en dessous de toi un sac harnais qui t'enveloppe jusqu'au cou et que ferme une dizaine de sangles de cuir réparties le long de ton corps. Fesses, poitrine, paules, disparues, tu n'es plus qu'une ombre noire et le plus visible de toi sont les deux cadenas sur la cagoule qui bannissent tes sens.

Alors une très longue corde dessine sur ton corps en mille figures géomètriques la femme enfermée et désirable que tu es et met en valeur tes hanches larges, tes seins ronds, la finesse de ta taille, la longueur de tes jambes. Momie au terme de cette embaumement, tu es alors enfermée dans le sarcophage de pierre sur lequel est peinte une princesse défunte, jeune et désirable, vêtue de blanc, corps souligné de bandelettes noires qui affirment sa poitrine et fait saillir, pareillement que toi, tes hanches. Tu es elle devenue, tu lui ressembles déjà, tu as dans le silence du sarcophage ses grands yeux noirs qui disent le désir au-delà de la vie, au-delà des limites, au-delà de toi.
La porte du sarcophage fermée, je laisse tomber mon vêtement, m'applique face contre la pierre froide, il m'écrase les épaules d'une main dure et me fait saillir les fesses, je me laisse faire, impatiente, son sexe s'enfonce en moi, tandis que je l'implore de me battre, il m'encule; alors que j'appelle de toute ma voix le fouet, enserre de mes bras, de mes mains, de mes ongles ce cercueil de pierre, que mon corps se confond avec la pierre, il me martèle de son sexe, me désarticule de son désir, je crie mon bonheur, je crie pour toi m'entends-tu ? Que je jouisse de toi, le peux-tu ?

 

Fantasmes
Devenir lui, qu'il devienne moi, confusion des corps, confusion des sexes... On ne peut pas le réaliser, mais le chercher...

Profil
Bien sous tous rapports.

Sibylline
sibylline1@hotmail.com

 
   
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