Témoignage

Histoire de Laurence (2)

(le 01.10.2004)

 

e lui suis restée fidèle pendant trois ans. Puis, j'ai suivi un stage de formation de quatre mois, payé par ma boîte. On était logé la semaine dans un hôtel à 40 km de Paris, près de l'endroit où on suivait des cours. Le rythme des cours était très soutenu. On travaillait même le samedi matin. J'ai eu une histoire avec un autre stagiaire.

C'ETAIT FACILE : LA PROMISCUITE, LE SENTIMENT pour tous de retrouver la liberté de nos années d'étudiants. Pratiquement toutes les filles qui ont suivi ce stage (on était une dizaine, sur 40 stagiaires) ont eu une histoire durant ce stage. Mon amant a changé de chambre dans l'hôtel pour prendre une chambre à côté de la mienne, avec porte communicante. On passait toutes nos nuits ensemble. Quand sa femme appelait le soir, il partait prendre la communication dans sa chambre, puis revenait. Quand mon mari m'appelait, il partait dans sa chambre le temps de la communication. Avec lui, j'ai redécouvert le plaisir d'être passive en amour, de la sodomie. C'était d'autant plus fort qu'on savait que cette histoire ne durerait que le temps du stage. Il n'était pas de Paris, et je n'étais pas amoureuse de lui. J'avais l'impression que mon mari était devenu mon amant, puisque je ne passais plus qu'une nuit par semaine avec lui, le samedi. Je lui avais dit que pour mieux suivre mes cours, je préférais revenir sur place le dimanche soir. En fait, c'était pour retrouver mon amant. C'était très excitant de retrouver le corps de mon mari le samedi comme celui d’un inconnu, puisque je m'étais habituée la semaine au corps d'un autre.
Mais quand le stage a été fini, ça m'a fait drôle de retrouver mon mari, de ne plus toucher qu'un seul corps. J'étais nerveuse, mal à l'aise. Je lui ai dit ce qui c'était passé, que c'était juste sexuel, que c'était lui que j'aimais. Sa réaction m'a surprise. Je m'attendais à de la colère. Il s'est effondré, m'a dit qu'il avait besoin de moi, qu'il craignait que je le quitte. Je crois que j'aurais aimé une réaction différente, qu'il agisse davantage en homme. Là, j'ai mesuré combien il était sous mon emprise. Et j'ai accentué mon côté dominatrice au lit, puisque visiblement il aimait ça.
Parallèlement, j'ai commencé à avoir des amants : toujours des histoires brèves, où j'étais passive, où j'aimais être prise.

Il a fini par s'en apercevoir un week-end où j'étais partie au ski avec des amies. Il avait téléphoné toute la nuit en vain dans ma chambre d'hôtel...
Au retour, je me suis sentie suffisamment forte pour lui dicter mes conditions. Je lui ai dit que je l'aimais, que je voulais faire ma vie avec lui, avoir des enfants avec lui, mais que physiquement j'avais parfois besoin d'une autre manière de faire l'amour, que j'allais chercher auprès d'autres que lui. Que ça ne mettait pas notre couple en péril, mais que je n'avais pas l'intention de changer de comportement. Il a accepté.
Nous avons décidé peu après d'avoir notre premier enfant. Sans doute espérait-il que ça allait me remettre dans le droit chemin. Il n'en a rien été. C'est même moi qui ai fixé les règles : je m'octroyais le droit de découcher de temps en temps, voire de partir un week-end. Mais je lui ai promis que je n'aurai jamais d'histoire suivie avec un amant, que jamais je n'irai à l'hôtel entre midi et deux ou le soir avant de rentrer à l'appartement, que ce ne serait jamais avec des hommes de notre milieu amical.
Je me souviens que j'étais plutôt contente de moi à l'époque. J'avais un enfant et bientôt deux, une vie de couple heureuse avec un mari que j'aimais et dont je savais qu'il ne me quitterait pas parce que j'avais le contrôle de nos relations sexuelles, une vie professionnelle qui marchait bien puisque j'avais été nommée directrice commerciale de ma boîte. Et, de temps en temps, des aventures d'une nuit ou d'un week-end, sexuellement intenses, qui me permettaient d'assouvir l'autre versant de ma sexualité : le désir d'être prise par un homme, vraiment prise.
Je me sentais à la fois femme, mère, et indépendante. J'aimais le jeu de la séduction. Je m'habillais toujours de manière assez sexy, en jupes et talons hauts. Dans la rue, je ne fuyais pas le regard des hommes. Je me disais que j'appartenais à une nouvelle race de femmes, conquérantes et qui ont choisi de vivre comme des hommes. En plus, mon mari avait fini par s'habituer à mes écarts. Quand je rentrais, je m'habillais sexy et on sortait au restaurant. Là, je le caressais du pied sous la table, je lui faisais du charme, et je voyais sa colère céder progressivement au désir. J'adorais sentir le pouvoir sexuel que j'avais pris sur lui. Et en rentrant, je faisais tout au lit pour qu'il oublie où j'avais passé la nuit précédente.

Je croyais vraiment avoir trouvé mon équilibre dans la vie, jusqu'au jour où un nouveau commercial est entré dans la boîte.
Dès que Frédéric est venu se présenter à moi dans mon bureau, j'ai su qu'il allait se passer quelque chose entre nous. Il y a diverses formes de beauté chez un homme. Certains sont élégants, d'autres ont du charme. Lui était sexy, ce qui est rare chez un homme. Pas très grand, plus jeune que moi, 31 ans. Mince mais musclé. Bronzé, avec un beau visage viril, et surtout, une très forte conscience de l'attrait qu'il exerçait chez les femmes.
Quand il m'a serré la main, il a tenu longtemps ma main dans la sienne, en me regardant droit dans les yeux et en me souriant. Il voulait me montrer qu'il était un homme à femmes. Moi, j'ai soutenu son regard, et je lui ai souri aussi, pour lui montrer que j'étais une femme à hommes, que nous étions de la même race. Et je l'ai embauché.
Avant lui, jamais je n'avais eu une aventure avec un collègue. C'était une des règles que je m'étais fixée. J'avais même repoussé les avances du président de ma boîte, que j'aimais bien pourtant. Il ne m'en avait pas tenu rigueur, puisqu'il m'avait nommée peu de temps après directrice commerciale.

Je suis rapidement devenue la maîtresse de Frédéric. Nous devions déjeuner ensemble pour faire le point, après son embauche définitive. Il devait réserver le restaurant.
Le jour dit, il m'a dit qu'il était très bon cuisinier, qu'il habitait à deux pas de la boîte, et qu'on serait plus tranquille chez lui pour discuter. Il était direct avec les femmes, et j'aimais ça. Il m'a embrassée dans l'ascenseur de son immeuble. J'avais très envie de lui.
Dès la première fois, ça a été extraordinaire. Je crois que je n'avais pas joui aussi fort depuis mon premier vrai amant. J'aimais sa manière de faire l'amour, vigoureuse, directive. Son sexe était large et très rigide, son corps dur. Dès la première fois, il m'a mis les deux mains croisées derrière ma tête, en les tenant d'une main. Quand j'ai commencé à jouir, il m'a demandé d'ouvrir les yeux et de le regarder. J'ai vu son sourire carnassier, j'ai joui encore plus fort. Pour la première fois, j'avais le sentiment de vraiment tromper mon mari. J'avais dérogé à mes règles : un de mes collègues, avec qui je faisais l'amour régulièrement, souvent chez lui ou à l'hôtel entre midi et deux, avant de rentrer chez moi le soir, alors que je ne l'avais fait avec aucun autre de mes amants.
Et je n'étais pas du tout gênée le soir quand je rentrais chez moi après avoir fait l'amour avec Frédéric. Je faisais l'amour avec mon mari, en étant de plus en plus directive avec lui. Ca m'excitait de faire l'amour deux fois dans la journée de manière aussi différente, avec deux hommes.

C'est là où j'ai commencé à mépriser mon mari d'être aussi passif au lit, aussi dépendant de moi. En fait, il ne faisait plus rien. Dès que je lui écartais les jambes, il mettait un coussin sur sa tête pour que nos enfants ne l'entendent pas gémir. Tout l'inverse de Frédéric qui me liait les mains dans le dos avec le cordon de son peignoir, me sodomisait (ce que je ne faisais plus avec mon mari depuis des années), me faisait des double pénétrations avec un godemichet, ou venait parfois dans mon bureau la journée pour que je lui taille une pipe.
Au bureau, tout le monde a rapidement su que nous étions amants. Je m'en fichais. J'en étais même fière.
Un jour, mon patron m'a convoquée pour m'en parler. Il a été beau joueur. Il m'a dit que de tous temps, les hommes avaient eu des aventures avec leurs secrétaires, et que maintenant que les femmes avaient accédé à des postes de responsabilité, il était logique qu'elles fassent de même avec leurs subordonnés de sexe masculin. Il m'a simplement demandé à veiller à ce que cette histoire n'ait pas de conséquences sur mon rendement professionnel.
J'ai commencé à découcher plus souvent qu'avant, pour passer des nuits avec Frédéric. Il insistait pour me voir plus fréquemment. Et moi, j'en avais envie. Du coup, mon mari devenait gênant, à mes yeux comme aux siens. J'avais parlé à Frédéric de son comportement passif au lit. Frédéric m'a dit qu'il était le père de mes enfants, mais qu'il n'était plus mon mari au sens sexuel du terme.
Nos rapports avaient viré vers la domination. Il me faisait dire pendant l'amour que je lui appartenais, il m'avait acheté une cagoule en cuir avec juste une ouverture pour la bouche, des sortes de menottes en cuir pour m'attacher les mains, une boule qu'il fixait dans ma bouche. Il me fessait parfois pendant la sodomie. Et moi, j'aimais ça. Il m'a bientôt dit qu'une nuit ou un week-end tous les quinze jours ne lui suffisaient pas, qu'il voulait que mon mari m'accorde ma liberté sexuelle, et qu'il suffisait de le soumettre encore un petit peu plus, de manière graduelle, pour qu'il accepte tout de moi. J'ai accepté. J'aimais mon mari, j'aimais mes enfants, mais j'avais besoin de Frédéric, physiquement.
Il m'a d'abord emmenée dans une boîte échangiste. Il ne couchait pas avec d'autres femmes. Il me faisait faire l'amour avec plusieurs hommes, dont lui. J'aimais cette sensation d'être un objet sexuel, un objet de désir, d'avoir plusieurs sexes autour de moi et en moi, d'aller encore plus loin dans le plaisir, d'arriver à la limite de ma résistance physique, d'être complètement molle, physiquement et mentalement, quand il me ramenait chez lui.
Le week-end du premier mai 2003, il m'a emmenée au Cap d'Agde. Là-bas, pendant trois jours, j'ai fait l'amour comme jamais je ne l'avais fait. Et il m'a emmenée chez une esthéticienne, pour me faire faire une épilation intégrale du sexe.

 
   
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