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Je repensai à ce jour où j'avais laissé Iris entravée,
nue et argentée. Il avait fallu deux heures à Pierre pour
arriver à la chambre... et j'avais eu la naïveté de
croire son explication. Je ne sentis pas le septième coup
de fouet. L'univers que j'avais cru édifier s'effondrait
sur moi.
- Mais qu'est-ce que tu es en train de faire, espèce de grosse
merde ?!
C'était la voix de Sandra... et elle ne pouvait que s'adresser
à Pierre. Jamais, je ne l'avais entendue crier. Dans le miroir,
je vis Pierre se retourner. Il était aussi étonné
que moi de la présence de Sandra.
- C'était donc ça, fit Sandra... Ce détachement
de ma maîtresse aimée envers moi... Elle s'est trouvée
un maître... un vrai... avec une queue pour la ramoner.
Pierre ne savait visiblement pas où se mettre.
- Alors, tout ce beau donjon n'était pas pour moi... J'étais
tellement pressée de l'utiliser que j'ai plaqué ma
famille pour revenir... Parce que j'avais la faiblesse de croire
que ma vraie famille elle était plutôt ici... Et je reviens
pour constater que vous m'avez trahie... Vous êtes de beaux
salauds !
- Ecoute, je ne voulais surtout pas de faire de mal, fit Pierre...
- Ferme-la... Tu ne mérites pas la femme qui partage ta vie...
Tu es...
- Toi, tu es trop belle !
Pierre se laissa tomber aux pieds d'Iris. Insensible à ce geste,
elle le poussa en arrière et mon maître s'effondra
sur les fesses. Sandra enchaîna par une série de coups
de pieds dans le ventre de Pierre.
- Mais qu'est-ce que vous faites tous les deux, hurlai-je ?
Sandra, au lieu de le frapper, viens me libérer !
- Pas question ! Depuis quatre mois, ton mari me fait supporter
ses humeurs jalouses. Et je suis toujours trop sexy pour sortir...
Et je le gonfle avec mes recherches sur internet qui bloquent la
ligne téléphonique... Et il en a marre de me trouver
ligotée partout dans la maison... Et, en plus, il a réussi
à te détourner de moi...
Pierre, retrouvant son souffle, se redressa sur ses genoux.
- Pourquoi tu ne comprends pas ? Pourquoi tu ne comprends pas ?
- Que dis-tu ? Que devrait-elle comprendre ?
- Sandra, c'est une souffrance de te voir sans cesse donner un surplus
de vie, de charme, d'intelligence dans cette maison. C'est une souffrance
pour moi de me dire que seule ma femme a le droit d'avoir une place
dans ton cÏur. Je ferai n'importe quoi pour exister à tes yeux...
Là, ça devenait trop compliqué... Même pour
moi... Ou, au contraire, c'était subitement limpide. Pierre
vénérait Sandra-Iris. Il en était amoureux...
Amoureux au point de susciter en elle la haine, faute de pouvoir
la contraindre à l'amour.
- Tout ce cirque de domination, c'était en fait pour attirer
l'attention de Sandra... C'est ça ?
- Non, gémit Pierre... je t'aime, je veux continuer à vivre
avec toi... mais je ne veux pas me sentir exclu de votre relation.
Sandra se baissa vers Pierre, lui prit le menton entre ses doigts
et plongea son regard dans celui de mon mari.
- Je consens à rester ici et à te considérer... Mais, après
ce que tu as fait subir à ma maîtresse, je ne peux pas te
tenir pour son égal... Même moi, soumise, j'ai plus
de sens de l'amour vrai que toi... Regarde-toi... Tu t'encrožtes,
ton ventre déborde de ton pantalon, ton sexe n'assure que
par intermittence... Et tu penses être supérieur à
quelqu'un comme elle ?... Va la libérer !
Pierre s'approcha de la croix, fit jouer les serrures. Je retrouvais
l'usage de mes membres. J'avais oublié les coups de fouet.
L'air était irrespirable dans notre nouveau donjon. Où
allions-nous ?
- Tu veux que je te considère, c'est ça ?
Sandra s'était approchée de Pierre...
- Oui, fit-il en baissant les yeux.
- Alors, prends sa place... A partir de maintenant, tu m'appartiens...
Sandra déchira les deux manches de la chemise de Pierre avant
de le placer sur la croix de Saint-André. Contrairement à
moi, il avait le dos appuyé à la croix. Avec la première
manche, Sandra bâillonna Pierre... Avec la seconde, elle épongea
le sang qui ruisselait sur mon dos.. Puis, lentement, elle commença
à me caresser. Elle se mit à genou devant moi et passa sa langue
entre mes cuisses. Mon ventre se mit à bržler.
- Attends, ne t'enflamme pas, petit merdeux... Ta maîtresse
a encore plein de belles surprises pour toi.
Sandra m'entraîna avec elle. Elle avait bien dit " maîtresse
" ? Dans sa chambre, elle ouvrit son tiroir aux merveilles.
- Enfile ça !
Elle ajouta à son impératif un large sourire qui se termina
par un voluptueux baiser fondant comme ses lèvres sucrées.
- Cela ne change rien entre nous. Je suis à toi de corps et d'âme...
Mais, ce soir, fais tout ce que je vais te dire.
Je ne me fis pas prier. L'ensemble en vinyle blanc était
superbe.
- Blanc, comme une mariée, fit Sandra...
Elle, au contraire, se vêtait de noir ultra-moulant. Lorsque
j'eus enfilé (mes mains tremblaient et j'eus beaucoup de
difficulté à m'habiller) les bas, la guépière
et le string, Sandra me donna un nouveau baiser.
- Allez, viens, c'est le moment de régler définitivement
tout nos problèmes.
Je la suivis sans cesser de trembler. Que voulait-elle faire ? J'étais
sa maîtresse. J'aurais dž lui intimer l'ordre de cesser immédiatement,
de libérer Pierre afin que nous puissions nous expliquer
calmement. Je n'en avais pas la force.
En
revenant dans le garage, Sandra se mit à me caresser à nouveau.
Beaucoup plus langoureusement encore que la première fois.
Mon corps se mit à bouillir et de grands flots de cyprine jaillirent
jusque sur mes chaussures. Sandra enfonça ses doigts dans
ma chatte, les porta à sa bouche.
- Vraiment délicieux....
Elle m'amena sur le sol (un parquet flottant que nous avions fait
poser en préalable à l'aménagement du donjon)... je
dis bien " m'amenaÊ "... Elle me guidait mais prenait bien garde
à ne pas aller contre ma volonté. Je la laissais faire mais
elle ne commandait pas... Elle posa ses mains gantées de
vinyle noir sur l'intérieur de mes cuisses et commença
à me masser doucement. Je chavirais de bonheur. Ses deux index poussèrent
des reconnaissances plus hardies jusqu'à mon anus qui s'ouvrait
lui aussi. Alors, elle fit glisser mon string, puis le sien... et
avança sa chatte entre mes cuisses. Nos deux sexes s'enflammèrent
avec encore plus d'ardeur. En pleina " action ",
Sandra regarda Pierre...
- Tu vois bien ce que je suis en train de faire...
Il hocha la tête.
- Ce que je suis en train de faire avec ta femme, elle continuera
à le faire avec toi autant de fois que vous le souhaiterez mais
jamais, jamais tu m'entends, tu ne le feras avec moi. Moi, je serai
désormais ta maîtresse, ton pire cauchemar... Celle
qui te fera souffrir quand tu te seras comporté comme se
comportent les mecs imbus de leur force et leur puissance. Plus
tu seras désagréable, plus je te punirai. Tu viendras
manger dans ma main, implorer ma pitié... mais jamais tu
ne m'auras comme amante... jamais tu ne toucheras ma peau... jamais
tu n'auras de place dans mon cÏur.
J'avais beau écouter ce que disait Sandra... et qui engageait
ma vie autant que la sienne ou celle de Pierre... je me fis submerger
par un orgasme de fin du monde.
C'est
après cette soirée mémorable que j'ai terminé
et envoyé à maître N. le récit de nos premières
aventures. Nous venions de refaire l'amour dans le salon... mais
en ayant repris nos rôles respectifs. Moi Godiva, maîtresse
exigeante mais aimante. Elle Iris superbe fleur soumise attachée
sur une chaise avec les cuisses écartées. Depuis,
les choses sont on ne peut plus claires entre nous. Je suis la maîtresse
d'Iris mais continue à me soumettre aux exigences (mieux contrôlées)
de Pierre. Mon mari est par contre devenu l'esclave de Sandra (alias
maîtresse Furia) ; elle le traîne dans des clubs où
elle l'exhibe seulement vêtu d'un string et d'une muselière...
et il adore ça, puisque c'est pour lui la seule manière
de vivre aux côtés de Sandra. Chacun de nous est donc à la
fois maître et esclave, dominateur et dominé. Nous
avons mis au point un petit système de tirage au sort. Chaque
dimanche soir, avant de regarder un film (j'allais dire un bon...
mais c'est rare...), le hasard attribue à chaque " couple "
ses soirs (deux par semaine). Le reste du temps, nous vivons en
parfaite osmose. Un couple et leur amie. Pierre et Sandra ont fait
l'amour ensemble deux fois. Je ne suis même pas jalouse. C'est
moi qui, en dominatrice perverse, les y ait contraint...
F
I N
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