Nouvelle

Maîtresse et stagiaire (18)

En découvrant Sandra, que nous n'attendions pas avant au moins une semaine, contemplant silencieusement derrière Pierre le châtiment que celui-ci m'infligeait, tout s'éclaira. Encore une fois, ils m'avaient manipulée. Les tensions entre eux n'étaient qu'une nouvelle comédie. Peut-être étaient-ils amants depuis longtemps ?

Je repensai à ce jour où j'avais laissé Iris entravée, nue et argentée. Il avait fallu deux heures à Pierre pour arriver à la chambre... et j'avais eu la naïveté de croire son explication. Je ne sentis pas le septième coup de fouet. L'univers que j'avais cru édifier s'effondrait sur moi.
- Mais qu'est-ce que tu es en train de faire, espèce de grosse merde ?!
C'était la voix de Sandra... et elle ne pouvait que s'adresser à Pierre. Jamais, je ne l'avais entendue crier. Dans le miroir, je vis Pierre se retourner. Il était aussi étonné que moi de la présence de Sandra.
- C'était donc ça, fit Sandra... Ce détachement de ma maîtresse aimée envers moi... Elle s'est trouvée un maître... un vrai... avec une queue pour la ramoner.
Pierre ne savait visiblement pas où se mettre.
- Alors, tout ce beau donjon n'était pas pour moi... J'étais tellement pressée de l'utiliser que j'ai plaqué ma famille pour revenir... Parce que j'avais la faiblesse de croire que ma vraie famille elle était plutôt ici... Et je reviens pour constater que vous m'avez trahie... Vous êtes de beaux salauds !
- Ecoute, je ne voulais surtout pas de faire de mal, fit Pierre...
- Ferme-la... Tu ne mérites pas la femme qui partage ta vie... Tu es...
- Toi, tu es trop belle !
Pierre se laissa tomber aux pieds d'Iris. Insensible à ce geste, elle le poussa en arrière et mon maître s'effondra sur les fesses. Sandra enchaîna par une série de coups de pieds dans le ventre de Pierre.
- Mais qu'est-ce que vous faites tous les deux, hurlai-je ? Sandra, au lieu de le frapper, viens me libérer !
- Pas question ! Depuis quatre mois, ton mari me fait supporter ses humeurs jalouses. Et je suis toujours trop sexy pour sortir... Et je le gonfle avec mes recherches sur internet qui bloquent la ligne téléphonique... Et il en a marre de me trouver ligotée partout dans la maison... Et, en plus, il a réussi à te détourner de moi...
Pierre, retrouvant son souffle, se redressa sur ses genoux.
- Pourquoi tu ne comprends pas ? Pourquoi tu ne comprends pas ?
- Que dis-tu ? Que devrait-elle comprendre ?
- Sandra, c'est une souffrance de te voir sans cesse donner un surplus de vie, de charme, d'intelligence dans cette maison. C'est une souffrance pour moi de me dire que seule ma femme a le droit d'avoir une place dans ton cÏur. Je ferai n'importe quoi pour exister à tes yeux...
Là, ça devenait trop compliqué... Même pour moi... Ou, au contraire, c'était subitement limpide. Pierre vénérait Sandra-Iris. Il en était amoureux... Amoureux au point de susciter en elle la haine, faute de pouvoir la contraindre à l'amour.
- Tout ce cirque de domination, c'était en fait pour attirer l'attention de Sandra... C'est ça ?
- Non, gémit Pierre... je t'aime, je veux continuer à vivre avec toi... mais je ne veux pas me sentir exclu de votre relation.
Sandra se baissa vers Pierre, lui prit le menton entre ses doigts et plongea son regard dans celui de mon mari.
- Je consens à rester ici et à te considérer... Mais, après ce que tu as fait subir à ma maîtresse, je ne peux pas te tenir pour son égal... Même moi, soumise, j'ai plus de sens de l'amour vrai que toi... Regarde-toi... Tu t'encrožtes, ton ventre déborde de ton pantalon, ton sexe n'assure que par intermittence... Et tu penses être supérieur à quelqu'un comme elle ?... Va la libérer !
Pierre s'approcha de la croix, fit jouer les serrures. Je retrouvais l'usage de mes membres. J'avais oublié les coups de fouet. L'air était irrespirable dans notre nouveau donjon. Où allions-nous ?
- Tu veux que je te considère, c'est ça ?
Sandra s'était approchée de Pierre...
- Oui, fit-il en baissant les yeux.
- Alors, prends sa place... A partir de maintenant, tu m'appartiens...
Sandra déchira les deux manches de la chemise de Pierre avant de le placer sur la croix de Saint-André. Contrairement à moi, il avait le dos appuyé à la croix. Avec la première manche, Sandra bâillonna Pierre... Avec la seconde, elle épongea le sang qui ruisselait sur mon dos.. Puis, lentement, elle commença à me caresser. Elle se mit à genou devant moi et passa sa langue entre mes cuisses. Mon ventre se mit à bržler.
- Attends, ne t'enflamme pas, petit merdeux... Ta maîtresse a encore plein de belles surprises pour toi.
Sandra m'entraîna avec elle. Elle avait bien dit " maîtresse " ? Dans sa chambre, elle ouvrit son tiroir aux merveilles.
- Enfile ça !
Elle ajouta à son impératif un large sourire qui se termina par un voluptueux baiser fondant comme ses lèvres sucrées.
- Cela ne change rien entre nous. Je suis à toi de corps et d'âme... Mais, ce soir, fais tout ce que je vais te dire.
Je ne me fis pas prier. L'ensemble en vinyle blanc était superbe.
- Blanc, comme une mariée, fit Sandra...
Elle, au contraire, se vêtait de noir ultra-moulant. Lorsque j'eus enfilé (mes mains tremblaient et j'eus beaucoup de difficulté à m'habiller) les bas, la guépière et le string, Sandra me donna un nouveau baiser.
- Allez, viens, c'est le moment de régler définitivement tout nos problèmes.
Je la suivis sans cesser de trembler. Que voulait-elle faire ? J'étais sa maîtresse. J'aurais dž lui intimer l'ordre de cesser immédiatement, de libérer Pierre afin que nous puissions nous expliquer calmement. Je n'en avais pas la force.

En revenant dans le garage, Sandra se mit à me caresser à nouveau. Beaucoup plus langoureusement encore que la première fois. Mon corps se mit à bouillir et de grands flots de cyprine jaillirent jusque sur mes chaussures. Sandra enfonça ses doigts dans ma chatte, les porta à sa bouche.
- Vraiment délicieux....
Elle m'amena sur le sol (un parquet flottant que nous avions fait poser en préalable à l'aménagement du donjon)... je dis bien " m'amenaÊ "... Elle me guidait mais prenait bien garde à ne pas aller contre ma volonté. Je la laissais faire mais elle ne commandait pas... Elle posa ses mains gantées de vinyle noir sur l'intérieur de mes cuisses et commença à me masser doucement. Je chavirais de bonheur. Ses deux index poussèrent des reconnaissances plus hardies jusqu'à mon anus qui s'ouvrait lui aussi. Alors, elle fit glisser mon string, puis le sien... et avança sa chatte entre mes cuisses. Nos deux sexes s'enflammèrent avec encore plus d'ardeur. En pleina " action ", Sandra regarda Pierre...
- Tu vois bien ce que je suis en train de faire...
Il hocha la tête.
- Ce que je suis en train de faire avec ta femme, elle continuera à le faire avec toi autant de fois que vous le souhaiterez mais jamais, jamais tu m'entends, tu ne le feras avec moi. Moi, je serai désormais ta maîtresse, ton pire cauchemar... Celle qui te fera souffrir quand tu te seras comporté comme se comportent les mecs imbus de leur force et leur puissance. Plus tu seras désagréable, plus je te punirai. Tu viendras manger dans ma main, implorer ma pitié... mais jamais tu ne m'auras comme amante... jamais tu ne toucheras ma peau... jamais tu n'auras de place dans mon cÏur.
J'avais beau écouter ce que disait Sandra... et qui engageait ma vie autant que la sienne ou celle de Pierre... je me fis submerger par un orgasme de fin du monde.

C'est après cette soirée mémorable que j'ai terminé et envoyé à maître N. le récit de nos premières aventures. Nous venions de refaire l'amour dans le salon... mais en ayant repris nos rôles respectifs. Moi Godiva, maîtresse exigeante mais aimante. Elle Iris superbe fleur soumise attachée sur une chaise avec les cuisses écartées. Depuis, les choses sont on ne peut plus claires entre nous. Je suis la maîtresse d'Iris mais continue à me soumettre aux exigences (mieux contrôlées) de Pierre. Mon mari est par contre devenu l'esclave de Sandra (alias maîtresse Furia) ; elle le traîne dans des clubs où elle l'exhibe seulement vêtu d'un string et d'une muselière... et il adore ça, puisque c'est pour lui la seule manière de vivre aux côtés de Sandra. Chacun de nous est donc à la fois maître et esclave, dominateur et dominé. Nous avons mis au point un petit système de tirage au sort. Chaque dimanche soir, avant de regarder un film (j'allais dire un bon... mais c'est rare...), le hasard attribue à chaque " couple " ses soirs (deux par semaine). Le reste du temps, nous vivons en parfaite osmose. Un couple et leur amie. Pierre et Sandra ont fait l'amour ensemble deux fois. Je ne suis même pas jalouse. C'est moi qui, en dominatrice perverse, les y ait contraint...

F I N

   
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