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Désespéré
de trouver celle qui saura jouer à mes jeux autrement que comme
un essai éphémère d’étrange, mais plus par inclinaison naturelle,
et une femme qui ne se lasse pas au bout de sept années intenses
comme la mère de ma fille, et m’attache le soir pour rejoindre son
amant !
En m’inscrivant sur quelques sites de rencontres, je choisis parmi
les réponses une annonce d’une femme, correspondant à mes critères
de libertinage et de niveau de discussion. Elle me parla au premier
appel téléphonique, de Gombrowicz et de l’immaturité, et du piège
de la jeune fille comme méthode de régression infantilisante pour
tout homme fatigué de son rôle obligatoire de référent social. L’idée
que développe cet écrivain sulfureux, parmi mes préférés, est que
chaque homme reste fondamentalement fragile et qu’il suffit qu’une
jeune fille agite sous son nez sa mini-jupe de tennis pour qu’il
soit prêt à renoncer à son âge, sa dignité, et devienne l’adolescent
boutonneux amoureux. Il a alors le choix de se cacher sa vérité
par la fuite, ou de sombrer dans le ridicule. Cette discussion libertine
et philosophique, digne de Juliette, ou d’une Justine libérée et
sans tabou, m’offrait de joyeuses perspectives d’échanges mutuels.
Nous convînmes rapidement d’un premier rendez-vous à son appartement.
L’après-midi commença dans cette recherche de connaître l’autre,
dans l’échange des destinées, et les récits qui fondent nos sentiments
et recomposent nos personnalités par les expériences et les évolutions
qu’elles entraînent.
C’était une jeune fille douce, et plutôt timide, en grande partie
résignée et pleine de complexe d’infériorité. Je commençais à me
demander si elle était plutôt une soumise, et si je devrais jouer
le rôle du maître, dans cette charmante conquête , si difficile
à équilibrer sans lutte de pouvoir. Elle me raconta sa vie avec
son ex-mari, jaloux , autoritaire, qui l’empêchait de s’épanouir,
répétant sans cesse qu’elle ne savait rien, qu’elle devait se taire
sur tout sujet, autre que le théâtre et la couture, et prenait plaisir
à la rabaisser à chaque dîner, chaque sortie, et qui voulait qu’elle
arrête son travail. Elle s’étendit sur le sujet et je compris qu’elle
vivait dans une colère envers lui qui l'avait frappée lors de leur
séparation, et elle n'avait dû son salut qu'à l'intervention de
la police, et que tout signe similaire de ma part viendrait briser
notre charme naissant. Elle me plaisait de plus en plus, femme à
consoler, femme en colère, femme à libérer, à rendre plus forte,
et si douce, quand elle me touchait les mains en m’offrant un verre,
avec ses yeux bleus si clairs et sa timidité féminine, mais en même
temps artiste et pleine d’expérience, avec cette forme de cynisme
et cet orgueil de créatrice.
Le soir, en rentrant de sa promenade hebdomadaire dans son parc,
je lui demandais qu’elle me montre son métier, costumière de théâtre,
et elle me présenta son book, ses modèles, ses tissus, enchantée
que je m’intéresse à la couture, à la fabrication des patrons, et
fut surprise de mes questions sur les corsets. Encore hésitant à
lui confier mon secret par mon complexe d’apparaître comme un monstre,
je lui parlais de Jean Paul Gauthier, de mes projets de théâtre,
et de mes expériences en matière de dessin de costumes de théâtre,
ou masculin, avouais-je seulement.
Après un autre long temps à se connaître, elle me montra dans les
photos de son travail un modèle de corset qu’elle avait fabriqué
pour un vieil homme veuf, qui, (si charmant, précisa-t-elle, ce
qui me donna espoir) s’était fait confectionné une robe de duchesse
à volant, avec corset à baleine, robe à panier et manteau polonais,
pour occuper ses soirées solitaires dans son hôtel particulier.
En voyant ces photos d’un homme entouré de ma nouvelle amie et de
trois autres costumières, je m’enhardis à parler plus intimement.
Je pris le risque de lui raconter mes fantasmes et mes conceptions
de l’échange masculin-féminin. Et je lui racontais mes expériences
solitaires, ou avec mon ex-femme qui était un vrai garçon manqué,
mon adoration pour tout ce qui est féminin, et ma haine de tout
machisme, qui m’inclinait vers un certain fétichisme, regroupant
travestissement et bondage, jeux de domination réciproque et féminisation
parfois. Et l’ennui que j’avais dans les relations plus classiques
avec d’autres filles envers qui je restais muet à ce sujet.
Elle prit ma main qu’elle porta à ses lèvres en riant avec tendresse,
en me remerciant de ma confiance, et en affichant des yeux d’envie.
En rougissant, je subis son regard professionnel qui détaillait
ma taille, estimait mes formes, jugeait ma minceur, tandis que nos
regards brûlaient de désir, et s’enflammaient. Je me penchais en
avant, jusqu’à ce que nos lèvres se touchent, que nos genoux touchent
terre d’un fauteuil à l’autre, et les doigts d’une main croisés,
nous nous embrassâmes de longues minutes, accroupis l’un en face
de l’autre.
Elle se releva brusquement pour respirer, et me poussa doucement
vers son tabouret de mesure. Je montais donc sur le tabouret, tandis
qu’elle prenait son matériel de mesure. D’une voix professionnelle,
elle me demanda de me déshabiller, et prit des mesures, en disant
d’une voix sèche : “plus haut les bras... Tiens le bout du mètre...
Tiens-toi droit... Arrête de bouger...” Elle me retournait comme
un objet, comme le mannequin sur pied qui trônait au milieu du séjour.
Elle m’interdit de parler car cela modifiait les mesures du torse
et du ventre. Puis elle prit des tissus, qu’elle enroula autour
de mon torse, puis de mon ventre et de mes jambes. Comme j’étais
en slip, je ressentais chaque passage de soie sur ma peau comme
une caresse. Je ressemblais maintenant à un mannequin de vitrine
de haute couture, un bras levé pour tenir le drapé sur mon épaule,
tandis qu’elle piquait des aiguilles partout sur le tissu, qui à
chaque fois me faisait redouter la piqûre, et que les ciseaux longs
et effilés glissaient sur ma peau et me faisaient frissonner en
certains endroits sensibles.
Une heure avait bien passé dans cette position tandis qu’elle cherchait
les meilleures coupes, et étudiait la solution pour la protubérance
prolongée de mon entrejambe qui rompait l’équilibre de l’ensemble.
L’artiste trouva enfin la solution d’un drapé biais devant la disgrâce
anatomique que je n’arrivais pas à maîtriser. Elle me dit de descendre
du tabouret et de marcher, mais le fourreau étroit de la robe, renforcé
par les croisés multiples, et les épingles redoutables m’empêchèrent
d’obéir. Elle dût me soulever d’un bloc dans ses bras et me descendre
elle-même jusqu’au sol. Je tentais de marcher mais ne pouvais faire
que des petits pas d’à peine dix centimètres, et en levant les talons
comme sur des talons aiguilles. Elle jugea son oeuvre, et ajouta
sur l’ensemble un corset en satin rouge qu’elle venait de fabriquer
pour une cliente. Je me retrouvait gêné aussi du torse, droit comme
Lauren Bacall dans une robe de soirée. Elle sortit une étole, l’enroula
autour de mon cou , et hésitante à continuer l’idée qui venait de
germer, levant des yeux soudain intimidés, me demanda : “Alors tu
aimes vraiment être entravé ?”. Je lui souris en soufflant oui.
Elle rit et me serra les pans de l’étole autour des coudes dans
le dos, puis finit par un noeud autour des poignets, puis défroissant
l’étoffe, commença à coudre une manche unique, et finit de coudre
en surpiqué l’ensemble de la robe qu’elle avait monté en ces deux
heures. Elle se recula alors, les cheveux en désordre, dans cette
attitude de fatigue artistique, en prenant un grand souffle de respiration,
satisfaite de sa création.
Elle recroisa alors enfin mes yeux, éperdus d’amour et la remerciant
de son attention si particulière, quand elle plongea d’un souffle
sur mes lèvres qu’elle rendit rapidement brûlantes. Elle m’embrassait
comme si elle voulait rentrer en moi, ce qui me fit reculer et aussitôt
trébucher. Elle se recula pour me retenir , hésita une seconde et
avec un sourire carnassier me fit basculer vers le sol, comme dans
un tango. Elle me coucha au sol, les deux pieds de chaque côté de
mes genoux collés l’un contre l’autre, et me toisa tandis que son
pied venait caresser mon sexe, l’effet démultiplié par les épaisseurs
de soie qui le protégeait. Elle arracha sa robe comme une sauvage,
en sueur du fait de la concentration créatrice, et me chevaucha
en s’accroupissant sur mon sexe. Les bras plaqués au sol, les jambes
moulées, je ne pouvais que glisser mes mains sous mes fesses pour
accentuer ma cambrure. Elle empoigna ma taille prise dans le corset
et releva mon torse et ma tête, et les chairs écrasés par les baleines
du corset , sans souffle, je tendis mes lèvres pour l’embrasser.
Elle les aspira, jusqu’à ses dents, me mordit, et puis elle se recula
avec un sourire sardonique, en me repoussant au sol. Elle prit ses
ciseaux et découpa la robe autour de mon sexe, tandis que je me
recroquevillais en me demandant jusqu’où elle allait aller, et me
questionnant une seconde sur ce qui me poussait à me retrouver dans
cette situation après à peine une après-midi passée avec une inconnue.
Mais elle se contenta de dégager la robe et de sortir cette partie
de mon corps que j’appelle Arthur tant il semble avoir, non seulement
une autonomie réelle, mais en plus déterminer du reste de mon corps
tant il me pousse à des extrémités que ma raison ne peut contrôler.
Comme elle marqua une pause, se rappelant la réalité, pour me demander
si j’avais des préservatifs, je fus rassuré sur ses limites et tombais
amoureux de l’artiste qui m’avais si bien emmailloté. Elle commença
à me faire l’amour, en déchirant par morceaux les parties de robe,
qui l’empêchaient de découvrir mon corps et j’émergeais petit à
petit de ma chrysalide, jusqu’à ce que je puisse l’enlacer dans
mes bras et lui rendre ses caresses, les mains tremblantes et le
corps luisant par les efforts de tension que m’avais imposé les
toiles de cette femme araignée, couturière imaginative qui s’était
si vite révélée à elle-même dans ce nouveau rôle.
Et notre histoire commença...
Fantasmes
: pourquoi pas trouver une autre costumière ! Malheureusement cette
histoire avec ma maîtresse costumière s'est terminée au bout de
trois mois... donc je suis disponible pour une autre histoire !
Votre
profil : 39 ans, grand mince, brun, entre Samy Frey et Lendl pour
le visage, un côté Fanny Ardant quand je suis travesti... Ancien
danseur, écrivain, auteur de théâtre sur le thème de la disparition
des héros ! Un peu Hercule en cas de coup dur, j'alterne intellectuel
timide, ou baroudeur boxeur ne craignant pas cette dernière bagarre
avec une vingtaine d'abrutis qui voulaient piller le bar de notre
asso...
Folalier
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