Témoignage

La chenille grandit

(le 12.09.02)

Je vis depuis un peu plus de 6 ans avec mon amie. Nous nous sommes rencontrés dans le cadre de nos études, elle alors âgée de 19 ans et moi de 23 ans.

Les jeunes hommes qui l’entouraient ne faisaient pas attention à elle. Et pour cause, inconsciemment son esprit les rejetait et de fait son corps également. Ses vêtements la camouflaient, son haleine était parfois fétide (et cela n’était en aucun cas lié à des problèmes d’alimentation, de digestion, etc.), son visage portait des boutons, ses cheveux du psoriasis.
Si les autres ne la regardaient pas, moi elle m’intriguait. J’avais d’autant plus loisir de l’observer que nous avons eu à réaliser une étude, en équipe de cinq personnes, sur l’ensemble de l’année scolaire de notre rencontre. Pour différentes raisons de parcours personnels, il se trouve qu’elle se trouvait dans la classe supérieure à la mienne. Elle avait été désignée par l’établissement responsable de l’étude. Néanmoins, j’étais plus âgé que les autres, ma maturité jouant, mon exigence dans le travail, etc. ont fait que nous avons piloté l’étude ensemble.
Son intelligence, son esprit rebelle, sa sensibilité m’ont ainsi séduit. Je la regardais monter les escaliers pour découvrir ses fesses dans ses pantalons vieillots, je regardais sa poitrine à travers ses affaires amples, son corps m’a séduit également. Ce que les autres ne voyaient pas, c’était la Stephye qui se cachait sous son vernis de biche apeurée et refoulée.
De la séduction je suis passé au stade où elle hantait mes nuits, je me suis enamouré d’elle sous les regards des autres qui ne comprenaient pas. Ainsi j’ai pris le temps de la connaître au point de l’aimer. Alors je me suis efforcé de la séduire, le résultat a été concluant, elle se demande encore pourquoi je suis venu la chercher. En peu de temps, nous faisions l’amour dans l’allée qui borde la maison de ses parents.
Ensuite, un long travail souterrain a débuté pour l’aider à progresser. Ma méthode est de la soutenir, de lui apporter des réponses, d’ouvrir son esprit sur elle-même pour qu’elle évolue dune façon consentante et construite pour l’aider à se libérer et non l’enchaîner à autre chose, pour qu’elle s’affirme et prenne confiance en elle.

La chenille se met dans son cocon et se transforme

Il y a eu des hauts et des bas. Sexuellement, dès le début elle apprit à me faire des fellations sympas puis à apprécier la sodomie.
Le vrai déclic a eu lieu il y a 3 ans alors que je souffrais du peu que nous partagions (comparé à mes envies - besoins). Je l’ai trompée une fin d’après-midi. Je lui ai tout avoué le soir même, car je tenais trop à elle pour garder cela sous silence et rentrer dans ces schémas malsains. Je lui ai expliqué le pourquoi. Ce fut un électrochoc douloureux et bénéfique. Je ne conseille néanmoins à personne de le provoquer consciemment, la finalité aurait pu être la rupture. Je l’ai fait parce que je souffrais et que j’étais malheureux et il n’y a pas eu rupture parce que notre Amour a surmonté cet épisode difficile. Je pense essentiels la complicité et le partage dans le couple.
Elle décida de faire des efforts. C’est ainsi qu’elle accepta d’aller en club échangiste et découvrir ainsi une facette de l’univers du sexe. Toujours présent à ses côtés, elle y vécut des expériences de couple, de trio (notre couple et une femme seule ou un homme seul avec double pénétration), jusqu’à un quintette (notre couple et trois hommes). Pour autant, si sa jouissance du moment est réelle, si une fois sur site elle est heureuse, il faut à chaque fois lui tenir la main pour y aller et jamais elle ne propose de passer une soirée ou un après-midi sympa. Elle n’assume toujours pas son plaisir, ses désirs, ses fantasmes.

La chenille se transforme...

Alors tel "Lagardère", j’appliquais une nouvelle démarche.
Au mois de juillet de cette année, j’ai créé une fiche sur elle cherchant une rencontre libertine. Je pianotais en me faisant passer pour elle, je sais cela n'est pas bien mais c’est pour la bonne cause. J’ai ainsi recueilli de très nombreuses propositions sans aller plus loin. C’est fou le nombre d’hommes qui trompent leur femme, apparemment l’inverse également mais ma démarche ne m’a pas permis de vérifier, tous ces couples qui ne partagent plus.
Et puis lundi 26 août j’ai répondu à de nombreux hommes (heureusement qu’il y des hommes mariés qui trompent leur femme ou autant d’hommes célibataires qui cherchent des aventures) : "Votre message ma touché. Le vrai prénom de mon amie est Stephye. Derrière ses airs de pas y toucher elle a connu plusieurs expériences en club échangiste : plusieurs partenaires masculins et bisex. Je souhaite aujourd’hui lui faire passer un cap. Rencontrer un inconnu, seule, à l’hôtel pour son plaisir et le vôtre. A vous de la séduire et de la convaincre, elle est difficile. Son N° de portable : 06..."
L’un d’eux m’a répondu rapidement, il a souhaité avoir plus de renseignements. Le contact s’est avéré concluant, sa démarche correspondant à la mienne. Nous avons lancé l’opération séduction par SMS qui aurait très bien pu échouer mais qui a conquis Stephye. Entre temps, une "amie" m’a conseillé d’observer si elle baissait les yeux. Cela pouvait, selon elle, être en effet signe de soumission.
Le vendredi 30 août, Stephye accepta la proposition d’un rendez-vous émis par l’inconnu pour le dimanche soir.
Le samedi matin, alors quelle n’était pas épilée (chez elle ne pas être épilée signifie que sa peau n’est pas lisse, elle n’avait pas des poils de 3 mm de longueur !), je lui imposais de s’habiller avec l’une des deux paires à talons qu'elle possède, d’une jupe courte marine (pas une mini-jupe), un T-sheart moulant, sans culotte, sans soutien-gorge pour aller au marché. En voiture, à l’aller comme au retour, je lui caressais le sexe, elle mouillait. Rentrés chez nous, je la déshabillais et la prenais debout elle face au mur, les mains appuyées sur celui-ci, me présentant son dos. Pendant l'acte, je lui exposais mon point de vue sur son désir inconscient d’être dominée. Je lui demandais en conséquence si elle souhaitait être ma soumise. OUI.
L’après-midi, je lui achetais une jupe courte, une nouvelle paire de chaussure à talons, un collier fantaisie doré type ressort avec 11 éléments distincts qui mettait bien en valeur son cou, sa poitrine, son élégance racée. Le soir, elle avait du repassage à faire, je lui imposais sa nouvelle tenue qu’elle se doit d’appliquer le plus possible : nue, ses talons, son collier. J’ai décidé de lui laisser une liberté d’action, à elle pour l’instant de faire le plus possible, je respecte un temps d’adaptation qui lui est dans tous les cas nécessaire. Cela n’empêche néanmoins pas de lui faire remarquer certaines choses. Je remets l’un de nos sujets de conversation du moment (depuis 6 mois) sur la table : le tatouage. La voyant nue, j’évoque la possibilité de la faire percer aux lèvres vaginales, elle réagit bien estimant que cela est réversible mais se dit pas encore prête. J’ai bon espoir en réalité qu’elle se décide rapidement d’être percée aux tétons, au nombril et aux lèvres vaginales et également de réaliser un tatouage pubien que je lui ai dessiné.
Elle est comme ça Stephye, elle dit non et ronchonne et puis elle perçoit mon désir, le plaisir, son plaisir, son désir, la beauté. Elle ne cède pas à la pression, elle décide d’elle-même après avoir intégré les tenants et les aboutissants, je lui propose (compte tenu du délais d’intégration souvent, de temps en temps ou ponctuellement), elle dispose. Je serais malheureux si elle le faisait sous pression uniquement pour moi, là elle participe entièrement. Par exemple, l’air de rien, elle a validé le motif du tatouage en m’indiquant qu’il lui plaisait bien. Elle sait également qu’elle se sent mieux dans sa peau aujourd’hui qu’hier et que si c’est grâce à elle (décision d’évoluer), elle sait que c’est également grâce à moi.
Le dimanche après-midi, alors qu’auparavant elle déclinait toujours l’invitation, elle accepta sans rien dire une séance photo noir et blanc (dont j’attends le développement) intérieure, habillée sexy, en pute ou nue. Ensuite nous sommes allés boire un verre en terrasse d’un café, compte tenu de son stress et de sa peur pour le soir, j’acceptais qu’elle s’habille en pouf.
Rentrés chez nous, nous choisissons sa tenue : string et soutien-gorge en dentelle mauve, la jupe, les chaussures et le collier achetés samedi, un chemisier couleur or, un foulard noir (qui doit lui servir de bandeau pour lui masquer la vue ensuite) avec des éléments dorés assortis à son chemisier et réglons les derniers détails. L’inconnu envoyait de temps en temps des SMS pour réveiller l’excitation du vendredi soir. Enfin il donna le nom de l’hôtel et le N° de la chambre avec les derniers réglages.
Je l’emmène au lieu dit et ne rentre pas sur le parking, je ne descends pas de voiture, je l’embrasse, je la sens fébrile et excitée, elle sort et je la vois partir avec un sourire tendu. Avec le stress elle est obligée de m’appeler car elle n’a pas mémorisé le N° de portable de l’inconnu alors qu’elle doit lui envoyer un message par SMS arrivée dans l’hôtel.

...et devient papillon

Elle monte les marches, la peur s’efface, l’excitation, l’envie montent. Le coeur s’emballe. Elle frappe à la porte, il se cache dans la salle de bain et lui indique d’entrer. Elle entre. Les sens en éveil, attentive. Sur le lit, un mot, 100% zen. Comme convenu elle place le bandeau sur ses yeux et lui indique qu’elle est prête. Il arrive et lui demande de s’asseoir. Il débouche du crémant de Bordeaux, elle propose les gâteaux apéritifs, ils échangent quelques mots.
Au bout de 20 minutes, je lui téléphone comme convenu avec elle sans que Philippe ne soit au courant (par précaution). Elle respecte notre code et reprend ma question dans sa réponse pour permettre à Philippe de comprendre le sens de mes propos. Nous convenons qu’ils me téléphonent lorsqu’ils sont prêts.
Puis c’est la découverte des corps, Satine caresse Philippe encore habillé pour deviner comment il est physiquement, comment il est habillé. Elle ouvre sa chemise caresse sa peau, défait son pantalon et caresse son sexe à travers son slip. C’est au tour de Philippe, il la déshabille rapidement, trop peut-être. Il l’allonge sur le lit. Elle est belle, les yeux bandés, nue, offerte, fragile, sensuelle, désirable, impudique, salope. Elle va faire l’amour avec un inconnu dans un hôtel. Elle va se faire baiser telle une salope.
Tout va bien, je m’en vais lui préparer un dîner léger, et je me sers un apéro, j’attends un peu, déjà une heure et quart, j’y retourne. J’attends un peu dans la voiture et comme un lion en cage, la jalousie et l’excitation de savoir Satine se comportant en vraie salope, je ne supporte plus d’être enfermé.
J’entre dans l’hôtel, je me dirige vers la chambre, à 12 mètres de celle-ci j’entends les cris d’une femme en train de jouir, il ne fait aucun doute qu’il s’agit de Stephye. Cela m’excite terriblement, je m’approche encore, les cris s’éteignent enfin et peu de temps après je l’entends rire. Tout va bien. Je redescends, je tourne en rond, je remonte : plus de bruits, je redescends et écoute à la fenêtre. J’entends des bruits étouffés, je vais dans la voiture, je sors, je tourne en rond, je remonte, je redescends, toujours pas d’appel sur mon portable, j’hésite, je ne veux pas les déranger mais je poireaute et il commence à faire frais dehors. Je m’assois, je prends une cigarette, puis deux, puis trois, à la quatrième c’est sûr j’appelle. J’aspire la dernière bouffée, et je compose le N°, tout va bien.
Je monte les rejoindre, je suis accueilli par un grand sourire et par un verre de pétillant.
Le lendemain soir lorsqu’elle rentre du travail, je la surprends à la grille de la résidence et lui remets le bandeau sur les yeux. Elle ronchonne mais s’exécute, je l’emmène ainsi chez nous, je la déshabille et la dirige vers la salle de bain où un bain chaud l’attend. Nous discutons du travail et de notre aventure d’hier soir. Puis elle se sèche et s’habille dans sa tenue imposée (pour rappel : nue, ses talons, son collier), enfin elle vient dans le salon, j’ouvre le champagne pour fêter son baptême de Satine et l’invite au dîner aux chandelles que je lui ai préparé. Mon coeur bat la chamade, je l’aime et je suis aimé.

fab_imuhar@hotmail.com

 
   
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