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20
heures, mon futur Maître sonne à ma porte. J’ouvre tête baissée
comme il me l’avait demandé, je le laisse entrer et m’agenouille
à ses pieds. Je pensais que la séance allait commencer tout de suite,
du genre : “Si tu veux me parler, déshabille-toi !”. Mais non, mon
Maître désire que l’on fasse un peu connaissance. Il me demande
ce que je fais dans la vie, d’où je viens, ce que j’apprécie dans
le BDSM, etc... Nous visitons mon appartement. Je lui offre un verre.
Après une courte discussion, où il m’expose un peu sa philosophie
du BDSM, il m’invite à me rendre dans la chambre. Je le suis humblement.
Ca commencait enfin ! De cette séance, j’ai des souvenirs relativement
complets mais par bribes. Je vais essayer d’en faire un compte rendu
le plus exhaustif possible. Ceci dit, je tiens à préciser que ce
n’est pas un texte érotique mais un simple compte-rendu de la réalité
d’une séance BDM.
Dans la chambre, il me demande de me déshabiller. Je m’exécute.
Il m’ordonne de m’agenouiller avant de faire un petit tour d’inspection
de sa propriété. Il est satisfait de voir que j’avais respecté ses
consignes : pas de sous-vêtement, anus et sexe rasé. C’est étrange,
je pensais que me retrouver nu devant un homme habillé m’exciterais.
Ce n’est pas vraiment le cas. Il sort et revient avec un gode et
du gel. Sur son ordre, je m’allonge sur le lit et il commence à
placer sur mon corps quelques pinces à linge. Ca pique un peu mais
ce sera plus douloureux quand il les enlèvera. Je dois avouer que
je n’aime pas trop la manière dont il s’y prend. Comme un magicien,
il les fait apparaître entre ses doigts. C’est un peu trop théâtral
à mon goût. Il me demande de me mettre à quatre pattes et de dézipper
sa braguette. Il sort son sexe et me demande de le sucer. Je n’ose
pas m’aider de mes mains, ce qui est toujours plus facile et agréable
pour les deux partenaires. En fait, durant cette séance, je n’ai
sans doute pas pris suffisamment d’initiative. C’est une des leçons
que je tirerai de cette séance : un soumis doit certes obéir mais
aussi prendre des initiatives au risque de déplaire à son Maître.
Après quelques minutes de succion, sur son ordre, je me remets à
quatre pattes, le cul en l’air. Il met un peu de gel sur ma “rondelle”
et m’ordonne de me pénétrer avec les doigts. J’insère un puis deux
doigts dans mon petit trou et je me prépare à recevoir ce qui sera
sans doute le gode. Effectivement, le gode ne se fait pas attendre
et mon Maître l’insère de plus en plus profond. Au début, je ne
ressentais pas trop de chose jusqu’à ce que mon Maître m’ordonne
de m’asseoir sur le gode et de me masturber en même temps. Petit
à petit, je sens que le plaisir monte en moi et je me mets à gémir
tout en fermant les yeux. Honnêtement, je pense que ce spectacle
plait à mon Maître. Il me dit que si je veux, je peux jouir. Je
lui réponds que si je jouis maintenant, il y a de forte chance que
j’arrête la séance après avoir joui. Et puis, problème pratique,
si je jouis, où mettre ma semence ? Je sais. C’est un peu incongru
de penser à cela en un tel moment mais je suis quelqu’un de très
“pratique”.
Sur son ordre, je m’allonge à nouveau et il recommence à travailler
mon anus. Ce travail s’arrête quand son téléphone sonne. Pendant
qu’il va répondre, je reste dans la chambre, le gode entre les fesses.
Je me sens plutôt bien, voir même très bien. L’anus dilaté enserrant
le membre artificiel. Je me sens si bien que je pourrai m’endormir.
En revanche, je sens comme un malaise chez mon Maître : la séance
est marquée par des temps morts, mon Maître a l’air d’hésiter. Bizarre.
Il me semble qu’il ne sait pas comment s’y prendre avec moi. Pourtant
jusqu’à présent tout s’est plutôt bien déroulé. J’ai été obéissant,
mon Maître a respecté mes requêtes (le port du préservatif pour
la fellation notamment) et il m’a répété à quelques reprises qu’il
était excité. Mais n’est-ce pas pour se convaincre que la séance
se passe bien ? En attendant, je suis tout à mon plaisir d’avoir
un gode entre les fesses.
Mon Maître revient, je suis toujours allongé presque assoupi. Il
me met une écharpe autour des yeux et retire le gode avant de me
caresser avec le martinet acheté pour l’occasion. Je l’entends se
déshabiller. Il m’ordonne de me mettre à quatre pattes et une corde
enserre ma cuisse gauche. Il prend mes mesures pour me bondager,
un bondage léger, assez agréable ma foi. Je m’allonge sur le dos
et mon écharpe s’élargit un peu. J’entraperçois mon Maître nu. Il
est entièrement imberbe et ce qui attire mon attention c’est sa
faible érection.
Visiblement quelque chose ne va pas. Il s’aperçoit que je l’ai vu.
Il remet en place le bandeau. J’attends, il joue encore avec moi
et s’arrête.
Il n’en peut plus, il est en quelque sorte bloqué. Il arrête donc
définitivement ma séance de soumission ou sa séance de domination
même si je répondais bien à ses attentes de Maître.
En nous rhabillant et plus tard dans la soirée, nous avons discuté
de la séance et des raisons de ce demi-succès. En fait, j’envisageais
cette séance comme une seule et unique expérience, “histoire d’essayer
au moins une fois dans ma vie”. Or mon Maître a l’habitude de relation
sur le long terme. Il ne savait pas trop comment s’y prendre avec
moi et jusqu’où aller avec son soumis d’un soir d’où ses hésitations
et peut-être ses monologues que je pense un peu superflu a posteriori.
Et surtout nous n’avons sans doute pas suffisamment pris le temps
de nous enquérir des désirs de l’autre.
Au final, même si nous avons pas été au bout de la séance, ce fut
une soirée somme toute agréable et riche en enseignement pour nous
deux. Pour ma part, je ne pratiquerai le BDSM que dans une optique
d’érotisation de ma vie sexuelle sans verser dans la soumission.
Quant à mon ex-Maître d’un soir, je crois qu’il ne réitèrera pas
l’expérience d’une séance BDSM d’un seul et unique soir. Il est
BDSM dans toute son acceptation du terme.
J’aurais souhaité que mon Maître pour cette soirée fasse aussi un
petit compte-rendu. Par manque de temps, cela ne lui sera sans doute
pas possible.
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