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La
vie reprit un cours que je vais qualifier de terne et monotone,
coincé entre le boulot (qui me passionne, heureusement) et les longues
soirées de solitude, seul, mes pensées me ramenant sans cesse vers
ce donjon de la Côte d'Azur !
La modernisation du pays était en route, ce qui me permit, dans
l'un des premiers cybercafés, de retrouver ma Maîtresse pour de
brefs messages sur Internet. Grâce à cela, le lien ténu qui nous
réunissait n'était pas rompu. De cette première séance, des moments
passés à en parler, que ce soit avant ou après, j'en arrivais à
la conclusion que cette dominatrice l'était dans l'âme, par passion
et par goût, éloignée de cent lieues de celles rencontrées auparavant.
Tous les soumis sincères et réels comprendront ce que je veux dire.
Qui n'est pas resté amer après une séance tarifée, en repartant
vers sa vie quotidienne, sentant intuitivement n'avoir été qu'un
client aussitôt remplacé par le suivant ?
De retour en France, le téléphone me permit de reprendre contact,
physiquement ai-je envie d'écrire, en tout cas mieux qu'à travers
les cybers messages.
Maîtresse Natacha vint me rejoindre chez moi. Moins de distance,
plus de temps que d'aller au donjon, somme toute assez distant.
Elle allait, pendant les jours suivants, laisser libre cours à sa
fantaisie.
Le rituel était le même, tel que je l'avais fantasmé si souvent.
Après un coup de fil m'annonçant l'heure (approximative) de son
arrivée, je devais déverrouiller la porte de ma maison. Après quoi
je passais ma tenue de soumis : nu, string féminin ayant bien du
mal à contenir mon sexe en érection, gode dans l'anus, collier autour
du cou, bracelets reliés par des chaînes aux membres.
Une fois prêt, je n'avais plus qu'à attendre, redoutant nerveusement
la venue du facteur ou de quelque autre personne relevant les compteurs
EDF par exemple.
En entendant la voiture, je prenais ma position d'esclave dévoué
: à genoux dans le couloir, mains derrière la nuque et les yeux
baissés.
Le bruit de ses talons dans l'escalier reste gravé dans ma mémoire.
La porte s'ouvrant, son apparition, superbe déesse cachant sa tenue
de dominatrice perverse sous un sage imperméable.
Avec son petit sourire, elle me gratifiait d'un " Bonjour esclave
" en me tendant sa chaussure pour l'hommage rituel.
Lorsqu'elle jugeait que ses deux pieds avaient été suffisamment
honorés, elle empoignait la laisse pendant de mon collier, et me
dirigeait vers la pièce de son choix pour commencer à jouer avec
le corps servile à sa disposition : pinces plus dures aux seins,
poids, torture et étirement du sexe de sa main gantée de cuir clouté
etc.
Après apaisement des sens, aussi bien de la Maîtresse que de l'esclave,
nous revenions à des relations plus classiques, parlant de choses
et d'autres en reprenant des forces devant une petite collation
que je préparais et servais, nu et entravé.
Un jour, alors que nous étions dans une galerie marchande, attablés
devant une nourriture qualifiée de rapide (surtout rapide à oublier,
au vu de sa qualité, mais c'est un autre débat), donc ce jour-là,
Maîtresse me fit part de son souhait de voir mon bas-ventre lisse
de tout poil.
" Pourquoi pas ?" fut ma réponse immédiate. Un esclave doit accepter
les caprices et désirs de sa propriétaire. Je pensais qu'elle allait
me raser, mais le soir même, sur mon lit, je projetais mon ventre
et la regardait déposer la cire chaude.
Je n'aurais pas imaginé que cela puisse être si douloureux, bien
loin de toute excitation. J'avais déjà été rasé, mais je pense que
l'épilation, plus définitive, a une connotation SM plus forte.
Je ne pensais pas, par contre, que la repousse serait aussi rapide
!
Mais ce jour-là, l'opération terminée, je me suis senti plus nu
que je n'avais jamais été.
L'étape suivante, je l'ai voulue, demandée. Depuis plusieurs années,
j'avais envie de porter une marque réelle d'esclavage. Le tatouage
ou le marquage au fer rouge me semblent par trop définitifs, ne
sachant pas ce que la vie peut nous réserver. Comment expliquer
de telles marques à une personne non initiée ?
Mon rêve serait d'être maintenu dans une véritable ceinture de chasteté
cadenassée et dont la clé serait détenue par ma Maîtresse.
Mais ceci impose d'être géographiquement proche du dominant pour
des questions d'hygiène élémentaire. Les détecteurs de métaux des
aérogares sont un obstacle supplémentaire.
La pose d'un anneau, un Prince Albert, attirait ma Maîtresse. Je
savais de quoi il s'agissait, et sans trop réfléchir, lui proposait
de passer à l'acte.
Un coup de téléphone à des amis adeptes du piercing lui permit d'obtenir
les coordonnées d'un spécialiste. Nous n'avions, ni elle ni moi,
envie de prendre le moindre risque et voulions être sûrs de la sécurité
tant du point de vue hygiène que discrétion.
En fin d'après-midi le même jour, nous poussions la porte de l'institut
recommandé, à une heure de route.
Le choix de bijoux intimes est vaste, Maîtresse choisit un anneau
de belle taille, expliqua au perceur ce qu'elle voulait et nous
passâmes dans l'arrière-salle.
Après une brève conversation qui me mît en confiance, je retirai
mon jean et apparus dans le string féminin que je suis tenu de porter.
Ce fut là une erreur, un slip plus confortable aurait été mieux
adapté à la suite des évènements. Nous avions convenu d'une anesthésie
locale, le but n'étant pas de me faire subir une souffrance inutile
et déplacée.
L'homme apposa sur mon sexe une compresse largement imbibée d'un
liquide et, après quelques instants, je pus me rhabiller pour attendre
les 45 minutes nécessaires.
Maîtresse Natacha me proposa d'aller prendre un verre à une terrasse
proche ; je suis encore aujourd'hui surpris du détachement avec
lequel j'ai vécu cette soirée. J'étais sur mon nuage, il est vrai
à deux doigts de vivre un moment si longtemps espéré, mais je n'en
mesurais aucunement les conséquences. Je précise par ailleurs que,
un an après, je ne regrette rien et suis fier de mon anneau, symbolisant
ma condition librement choisie.
De retour chez le perceur, je me mis nu et m'installai sur la table.
Je ne voulais rien voir de l'opération (j'ai une frousse terrible
des piqûres et aiguilles) à l'inverse de ma Maîtresse qui assista
à la totalité des opérations, ravie et fière de moi.
Ce qui reste le plus grand souvenir à mes yeux, le voici. Le perceur,
suivi par ma Maîtresse, me dit :
-Regarde, je vais te percer maintenant !
-Non, répondis-je, je ne regarderai qu'à la fin !
-Mais, regarde donc, c'est un ordre, tonna Maîtresse.
Je relevai la tête, ouvrant mes yeux et les surpris à rire devant
ma surprise : l'anneau d'acier chirurgical brillait au bout de mon
gland !
Je n'avais absolument rien senti. Je regardais, fasciné, mon sexe
d'où s'écoulait un petit peu de sang.
L'homme appliqua une compresse et je pus remettre mes vêtements.
Le string, aussi érotique puisse-t-il être, n'était absolument pas
adapté.
Après avoir payé et enregistré les conseils du spécialiste quant
aux soins, nous regagnâmes la voiture, l'esclave marchant à pas
mesurés au côté de sa Maîtresse, soucieux de ne pas perdre la compresse.
Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas la perdre...
Sur le chemin du retour, Maîtresse Natacha réserva une table de
restaurant où nous fêtâmes la pose de ce symbole de soumission.
Je considère cet anneau comme une sorte de bague de fiançailles,
bague qui me lie à jamais à celle qui en a été à l'origine.
Moins de trois jours passèrent et, comme il m'avait été dit, la
cicatrisation fut pratiquement effective. Le peu de douleur ressentie
en urinant s'estompa, le sang n'ayant coulé que pendant les premières
24 heures. Comme conseillé, je me lavais avec un savon liquide hautement
antiseptique et tout se déroula le mieux du monde. J'en suis encore
surpris en écrivant ces lignes !
Maîtresse Natacha reprit mon dressage, s'amusant à me cadenasser
le sexe sur le ventre, m'interdisant ainsi toute masturbation. Je
dus aussi apprendre à uriner assis, souillant mon bas ventre et
devant ensuite nettoyer l'entourage de la cuvette, l'urine s'écoulant
de mon ventre vers les cuisses et le carrelage !
Mais quel puissant sentiment d'appartenance à sa Maîtresse ! !
Quelques photos ont été prises à cette époque, et en les voyant,
j'éprouve encore une grande fierté d'être infibulé.
Fin
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