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La réputation qu'il avait d'être entourée de femmes qu'il traitait
en esclave, et le plaisir qu'il avait à les exhiber, lui attirait
considération, crainte et jalousie, mais il ne laissait jamais indifférent.
Quand bien même il ne l'exhibait pas ouvertement, et même lorsqu'il
sortait Maud, s'il la traitait avait une gentillesse extrême et
la couvrait de cadeaux, la qualité de leurs relations et l'attitude
de soumission permanente qu'elle montrait à son égard révélait clairement
la réalité : elle lui appartenait totalement.
Ce soir là, elle l'accompagnait au cercle de jeux. S. était joueur,
gagnait souvent, perdait beaucoup, mais gardait toujours son contrôle.
Maud ignorait la source de ses revenus mais il pouvait perdre de
grosses sommes sans en être particulièrement affecté. Toutefois,
il savait généralement s'arrêter, qu'il gagnât ou qu'il perdit.
Il s'agissait d'un cercle de jeux proche de l'Etoile, ou la clientèle
était sévèrement choisie.
Maud portait une robe noire sans manche très courte, moulante, montant
jusqu'au cou mais laissant très bas le dos à nu. Sa tenue n'avait
rien de réellement indécent mais elle était extrêmement suggestive.
Maud était littéralement craquante. Elle était assise près de son
maître, légèrement en retrait, évitant les regards des hommes, attitude
qui lui avait été enseignée et qu'elle observait maintenant instinctivement.
A la table de poker les enjeux étaient vite montés. Très rapidement,
il ne resta plus que deux joueurs, S. et un homme d'une quarantaine
d'années, au teint basané, à l'élégance stricte et au regard sombre.
Il jouait sans parler, scrutait le regard de S. comme s'il essayait
de deviner ses pensées, abattait ses cartes sans quitter son adversaire
des yeux.
Les sommes en jeu au centre de la table étaient énormes : au nombre
de plaques, on devinait que sur ce seul pli il devait y avoir plus
de cinquante mille francs d'enjeu.
S. n'avait pas eu beaucoup de chance jusque là et son jeu, pourtant,
sur ce pli il avait une quinte à l'as. Toutefois, compte tenu des
sommes en jeu, il hésitait à aller plus loin. Son adversaire le
devinait :
- Je double la mise !
- Cent mille francs allaient être en jeu !
- Je ne peux pas suivre, répondit S.
- Faites un effort !
S. hésitait. Il était d'un tempérament trop contrôlé pour se laisser
aller à ses impulsions. Aller au-delà n'était pas raisonnable.
L'autre joueur griffonnait quelques mots au dos d'une carte de visite.
Il la fit passer à S.
Celui-ci la considéra avec un brin d'étonnement, réfléchit, et passa
le mot à Maud :
" Je triple la mise. La fille 48 heures. "
Maud blêmit. S. la regarda dans les yeux, puis se retournant vers
son adversaire :
- C'est d'accord !
Une onde de choc parcourut l'échine de Maud : elle était devenu
un enjeu, ravalée au rang du tas de plaques posées sur la table.
L'assistance qui entourait la table, n'avait pu lire le mot, mais
elle comprenait à la gravité des joueurs et à la pâleur de Maud
qu'il se passait quelque chose de grave.
L'autre joueur abattit les cartes : carré de neuf ! S. avait perdu.
Il posa ses cartes sans les retourner.
L'homme s'adressant à S. dit :
- Tout de suite !
S. se leva alors, et sans un regard pour Maud, quitta rapidement
la table pour se diriger vers la sortie. Maud, figée sur place retourna
la carte de visite. Celle-ci portait la simple inscrition suivante
: Salem Khelif.
Celui-ci d'un regard ordonna à un des hommes qui l'entourait, de
prendre en charge Maud. L'homme en question, au teint basané lui
aussi et à la carrure impressionnante, prit alors Maud par le bras.
Celle-ci se laissa faire, et, dans un silence glacial et fendant
le petit attroupement qui s'était formé autour d'eux, quitta la
salle de jeux pour rejoindre une limousine qui attendait dehors.
Quelques minutes plus tard Salem Khelif la rejoignait :
- Jeune fille, je t'ai gagné ! Ton maître te mets à ma disposition
pendant 48 heures. Quel effet cela te fait-il ?
- J'appartiens à mon maître. Je me plierai donc à vos ordres ;
La voix était blanche. En prononçant ces mots, Maud avait conscience
qu'elle se livrait totalement, que les pires choses pouvaient lui
arriver. Pourtant tout au fond de son ventre une légère contraction
lui faisait prendre conscience qu'elle était aussi excitée qu'effrayée.
Khelif lui passa deux doigt dans l'échancrure de sa robe. Il tira
le tissu à lui et dégagea ainsi un sein. Comme beaucoup il fut surpris
et attiré par ce sein, certes petit (à peine un léger bombement
du torse) mais orné de l'aréole large, claire et bombée du téton,
au centre duquel émergeait un bout de sein extraordinairement enflé
et turgescent. Maud, en effet, avait subit un traitement qui avait
fait gonfler ses bouts de seins de manière artificielle et permamente,
de telle sorte qu'ils étaient toujours érigés même quand elle n'était
pas excitée.
- Tu es jolie et excitante, mais tu ne m'intéresse pas. Je veux
te réserver pour mes hommes qui t'ont bien méritée. Omar t'expliquera
tout cela (il désignait l'armoire à glace qui l'accompagnait). Tu
seras raccompagnée chez toi dans 48 heures comme prévu. Et tu aura
même un cadeau... si tu te comporte bien. Je n'imagine pas d'ailleurs
que cela ne puisse pas être le cas.
La voix était douce mais aussi pleine de menaces.
Sans plus, il quitta la voiture, qui démarra immédiatement, conduite
par Omar.
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