Le Maître interroge
Après la signature
du contrat d'esclavage
(15 septembre 2003)

 
OMME À SON HABITUDE, après tout évènement d'importance, Maître N. a interrogé Laïka sur ce qu'elle venait de vivre. Et la signature du contrat d'esclavage de Laïka est vraiment un évènement d'importance.
 

Je t'ai indiqué, plusieurs semaines à l'avance, que tu allais enfin signer ton contrat d'esclavage, qu'est-ce que tu as ressenti alors ?
J'avais à la fois peur et j'étais très impatiente. Peur que vous ne m'en demandiez trop, que vous me pensiez grande déjà. Mais en même temps j'étais très fière, très sûre de ce que je voulais vivre avec vous.

Tu savais que la cérémonie durerais trois jours et aurait lieu chez Hermine. Qu'as-tu imaginé qu'il se produirait ? Avec du recul, comment juges-tu ces trois jours ?
Je pensais que ce serait très dur... et ça l'a été ! En revanche j'étais un peu angoissée de signer ce contrat en présence de personnes que, finalement, je ne connaissais pas très bien. Là, j'ai été très agréablement surprise : ils m'ont tous beaucoup aidée, ils ont été très attentifs, vraiments adorables. Le lieu aussi était très adapté et la campagne était vraiment belle.

Il y a eu des moments très difficiles pendant ces trois jours. Avec du recul, je juge que j'aurais dû être beaucoup sévère et inflexible. Qu'en penses-tu ?
Je pense que les moments difficiles et les pauses étaient bien dosés. Le but de cette cérémonie n'étant pas de me casser mais de me faire prendre conscience de mon nouveau statut. Sachant de plus, que nous avons tous deux une vie en dehors du SM et que vous étiez conscient de mon état de fatigue, j'ai vraiment apprécié les quelques pause qui m'ont été accordées.

Il y a une deuxième cérémonie prévue dans le sud de la France pour le printemps 2004, afin que nous puissions accueillir certains amis qui n'ont pu être présent lors de la première. Serait-il juste que cette deuxième cérémonie soit considérablement plus dure que la première ?
Plus dure, non je ne crois pas. Je ne suis pas maso et aussi bien psychologiquement que physiquement la dernière cérémonie a été éprouvante. En revanche il serait peut-être intéressant de jouer sur d'autres aspects de la soumission... à vous de trouver.

Tu as finalement signé ton contrat, en prenant la mesure complète de tes engagements, comment te sens-tu ?
Je me sens très bien, soulagée. Ceci parce que je vous fais entièrement confiance et que je sais que vous n'abuserez pas de votre position de Maître. Je sais aussi que nous continuerons à parler et à nous dire tout ce que nous ressentons l'un et l'autre de façon à ce qu'aucun de nous ne se sente mal.

Les contraintes permanentes que tu as accepté (habillement, vouvoiement, règles), te semblent-elles vraiment difficile à assumer au jour le jour ?
Pour le moment, oui j'ai beaucoup de mal avec le vouvoiement. Comme je vous l'ai dit j'ai parfois l'impression que cela crée une distance entre nous, que je ne peux pas vous parler aussi librement que je le faisais avant. Quant à l'habillement je passerais rapidement sur les difficultés que me pose l'obligation de porter des talons en toute circonstance : mes ampoules en témoignent !

Te procurent-elles du plaisir ?
Non, pas vraiment. Comme vous le savez, je ne suis pas très attachée aux signes extérieurs. Ce qui est important je pense c'est que je parvienne à surmonter les difficultés que me posent ces nouvelles règles intérieurement.

Beaucoup d'internautes nous ont envoyés des lettres de félicitations, et d'autres ont considérés pour leur part que "nous allions trop loin". Que leur répondrais-tu ?
Je dirais : à chacun de faire son chemin. Cela ne m'étonne pas que certains estiment que nous allons trop loin. Vu de l'extérieur, je comprends que ce que nous vivons vous et moi puisse paraître fou. Mais cette histoire est notre folie, elle nous appartient, elle fait partie de nous. Nous avons tous deux librement choisi de vivre ainsi et pour moi, ce que nous vivons ensemble est la plus belle forme d'amour. Je n'en voudrais pas de différente avec vous, parce que c'est moi, parce que c'est vous.

Avec du recul, comment juges-tu le dressage de ces trois dernières années ?
Je pense que vous avez fait su faire preuve de beaucoup d'attention, m'amener en douceur à faire des efforts sur moi-même, à dépasser mes peurs, certains de mes tabous. J'ai été attentive à vos désirs sans pour autant renier ce que je suis. J'espère que cela continuera.

Outre les aspects matériels (habitudes de vie, vêtements etc.), qu'est-ce qui change pour toi maintenant que tu as signé un contrat d'esclavage qui fait de toi, officiellement, la propriété de ton Maître ?
Cela change en ce sens qu'en signant ce contrat je vous ai dit : je vous fais confiance. Désormais, c'est à vous de me montrer que j'ai eu raison, que vous prendrez soin de moi en toutes circonstances comme je le fais avec vous.

Tu sais que désormais, tu vas devoir sortir de chez toi et vivre dans des tenues qui feront se retourner, plus qu'aujourd'hui encore, les gens sur ton passage. Qu'en penses-tu ?
Tant que je suis avec vous je ne crains pas autrui. En revanche, lorsque je suis seule, je me sens beaucoup plus vulnérable face aux remarques et autres signes extérieurs de jugement. Je n'ai pas suffisamment confiance en moi pour que cela ne m'agresse pas.

Maintenant que tu es ma propriété, tu sais que je vais t'imposer des aventures souvent extrêmes qui vont nécessiter ton obéissance aveugle, l'oubli de toi-même et des conventions. Comment perçois-tu cette nouvelle étape de notre histoire ?
Comme je vous l'ai dit, tout cela est basé sur la confiance. Si jamais il m'arrivait quoi que ce soit pendant nos jeux vous en seriez responsable et je ne manquerais pas de vous le faire savoir. Il est évident que cela modifierait nettement ma vision des choses. Pour le moment j'ai confiance en vous, donc pas de problème...

Dans cet esprit, une partie de tes obligations vont être de nature sexuelle, au gré de mes fantaisies. Quel est ton avis ?
Ouh la la ! Vous savez ce que je pense de cela ! Disons que tant qu'il s'agit de vous et moi, je n'ai aucun problème. Pour le reste, s'il vous arrivait de me prêter sexuellement à une autre personne, cela remettrait profondément en cause notre propre histoire. mais cela, vous le savez...

Tu sais, d'autre part, que le contrat qui te lie à moi, me délivre justement de ton avis et des tes désirs propres. Comment perçois-tu le fait que je t'interroge aujourd'hui dans ce questionnaire ?
Je pense qu'il est important pour vous de connaître mon état d'esprit et mes sentiments vis-à-vis de ce que j'ai vécu. Le fait de ne pas avoir à me demander mon avis ou mon approbation ne doit pas nous empêcher de continuer à discuter ensemble, au contraire. De plus, je pense que, la signature de mon contrat étant très récente, il est important que nous envisagions les choses ensemble, en parlant.

D'après ce que j'en sais, la publication des photos, des vidéos et des textes de la cérémonie de ton contrat sont les seuls témoignages de ce genre sur le Net ou ailleurs. Témoignage réel j'entend, car il y a evidemment quelques films de fictions qui relatent ce type d'aventure. Quel est ton sentiment à ce sujet ?
Justement, le mot important est réel. Tant de gens fantasment sur les rapports BDSM que c'en est parfois risible. Je pense que c'est une très bonne chose de témoigner de ce que nous vivons, tout en gardant notre jardin secret bien sûr. C'est une bonne chose parce que cela montre que nous ne sommes pas des fous furieux, et qu'au contraire, le respect, le contrôle et le jeu sont primordiaux. Il ne faut jamais oublier que tout cela n'est qu'un jeu et doit le rester !

Voici plusieurs mots dont j'aimerais que tu me dise ce qu'ils évoquent pour toi : esclavage, fierté, amour, humiliation, dégradation, regard d'autrui, propriété, obéissance.
Esclavage : c'est un terme très fort, qui par certains côté évoque des aspects assez négatifs.
Fierté : ce que je ressens auprès de vous.
Amour : Vous et moi.
Humilition : je déteste, je trouve cela profondément difficile d'un point de vue psychologique.
Dégradation : idem
Regard d'autrui : cela dépend des jours, des situation. Parfois il me gêne énormément, d'autres fois non.
Propriété : Je suis votre propriété dans le cadre de notre jeu. Mais cela ne m'empêche pas de garder mon libre arbitre et de vous dire ce que je pense.
Obéissance : je vous dois obéissance dans la limite du contrat que j'ai signé.

Singulièrement, j'hésite plus qu'avant désormais, à utiliser comme je le pourrais le pouvoir absolu sur toi que tu m'as accordé en signant, de ton sang, ton contrat d'esclavage. Qu'en penses-tu ?
Je pense que c'est très sain que vous vous mettiez vous-même des barrières. Sachant que désormais je ne peux (presque) plus rien refuser, c'est désormais à vous de juger ce qui me grandira, ce que fera grandir notre histoire, et ce qui au contraire pourrait tout briser. C'est très difficile mais c'est la route que nous avons choisie, sinueuse et passionnante. Vos hésitations viennent sans doute du fait que je vous accorde toute ma confiance et que vous savez que la moindre erreur de votre part peut avoir de lourdes conséquences dans le cadre de nos jeux. C'est ue énorme responsabilité à assumer mais je sais que vous l'honorerez.

Pour conclure enfin, livre-moi la réalité de ton état d'esprit après que tu ai franchi le seuil de l'esclavage absolu.
La signature de mon contrat a été un moment très fort pour nous deux. Un peu de repos nous fera le plus grand bien. J'ai conscience de ce que cela va changer dans nos jeux mais ce qui est vraiment important c'est la confiance et l'Amour que nous avons l'un envers l'autre. Ce contrat nous demande à tous les deux encore plus de vigilance, d'attention à l'autre.

 
   
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