Je
t'ai indiqué, plusieurs semaines à l'avance, que
tu allais enfin signer ton contrat d'esclavage, qu'est-ce que
tu as ressenti alors ?
J'avais à
la fois peur et j'étais très impatiente. Peur que
vous ne m'en demandiez trop, que vous me pensiez grande déjà.
Mais en même temps j'étais très fière,
très sûre de ce que je voulais vivre avec vous.
Tu
savais que la cérémonie durerais trois jours et
aurait lieu chez Hermine. Qu'as-tu imaginé qu'il se produirait ?
Avec du recul, comment juges-tu ces trois jours ?
Je pensais que ce serait très dur... et ça l'a été
! En revanche j'étais un peu angoissée de signer
ce contrat en présence de personnes que, finalement, je
ne connaissais pas très bien. Là, j'ai été
très agréablement surprise : ils m'ont tous
beaucoup aidée, ils ont été très attentifs,
vraiments adorables. Le lieu aussi était très adapté
et la campagne était vraiment belle.
Il
y a eu des moments très difficiles pendant ces trois jours.
Avec du recul, je juge que j'aurais dû être beaucoup
sévère et inflexible. Qu'en penses-tu ?
Je pense que les moments difficiles et les pauses étaient
bien dosés. Le but de cette cérémonie n'étant
pas de me casser mais de me faire prendre conscience de mon nouveau
statut. Sachant de plus, que nous avons tous deux une vie en dehors
du SM et que vous étiez conscient de mon état de
fatigue, j'ai vraiment apprécié les quelques pause
qui m'ont été accordées.
Il
y a une deuxième cérémonie prévue
dans le sud de la France pour le printemps 2004, afin que nous
puissions accueillir certains amis qui n'ont pu être présent
lors de la première. Serait-il juste que cette deuxième
cérémonie soit considérablement plus dure
que la première ?
Plus dure,
non je ne crois pas. Je ne suis pas maso et aussi bien psychologiquement
que physiquement la dernière cérémonie a
été éprouvante. En revanche il serait peut-être
intéressant de jouer sur d'autres aspects de la soumission...
à vous de trouver.
Tu
as finalement signé ton contrat, en prenant la mesure complète
de tes engagements, comment te sens-tu ?
Je me sens très bien, soulagée. Ceci parce que je
vous fais entièrement confiance et que je sais que vous
n'abuserez pas de votre position de Maître. Je sais aussi
que nous continuerons à parler et à nous dire tout
ce que nous ressentons l'un et l'autre de façon à
ce qu'aucun de nous ne se sente mal.
Les
contraintes permanentes que tu as accepté (habillement,
vouvoiement, règles), te semblent-elles vraiment difficile
à assumer au jour le jour ?
Pour le moment, oui j'ai beaucoup de mal avec le vouvoiement.
Comme je vous l'ai dit j'ai parfois l'impression que cela crée
une distance entre nous, que je ne peux pas vous parler aussi
librement que je le faisais avant. Quant à l'habillement
je passerais rapidement sur les difficultés que me pose
l'obligation de porter des talons en toute circonstance : mes
ampoules en témoignent !
Te
procurent-elles du plaisir ?
Non, pas vraiment. Comme vous le savez, je ne suis pas très
attachée aux signes extérieurs. Ce qui est important
je pense c'est que je parvienne à surmonter les difficultés
que me posent ces nouvelles règles intérieurement.
Beaucoup
d'internautes nous ont envoyés des lettres de félicitations,
et d'autres ont considérés pour leur part que "nous
allions trop loin". Que leur répondrais-tu ?
Je dirais : à chacun de faire son chemin. Cela ne m'étonne
pas que certains estiment que nous allons trop loin. Vu de l'extérieur,
je comprends que ce que nous vivons vous et moi puisse paraître
fou. Mais cette histoire est notre folie, elle nous appartient,
elle fait partie de nous. Nous avons tous deux librement choisi
de vivre ainsi et pour moi, ce que nous vivons ensemble est la
plus belle forme d'amour. Je n'en voudrais pas de différente
avec vous, parce que c'est moi, parce que c'est vous.
Avec
du recul, comment juges-tu le dressage de ces trois dernières
années ?
Je pense que vous avez fait su faire preuve de beaucoup d'attention,
m'amener en douceur à faire des efforts sur moi-même,
à dépasser mes peurs, certains de mes tabous. J'ai
été attentive à vos désirs sans pour
autant renier ce que je suis. J'espère que cela continuera.
Outre
les aspects matériels (habitudes de vie, vêtements
etc.), qu'est-ce qui change pour toi maintenant que tu as signé
un contrat d'esclavage qui fait de toi, officiellement, la propriété
de ton Maître ?
Cela change en ce sens qu'en signant ce contrat je vous ai dit
: je vous fais confiance. Désormais, c'est à vous
de me montrer que j'ai eu raison, que vous prendrez soin de moi
en toutes circonstances comme je le fais avec vous.
Tu
sais que désormais, tu vas devoir sortir de chez toi et
vivre dans des tenues qui feront se retourner, plus qu'aujourd'hui
encore, les gens sur ton passage. Qu'en penses-tu ?
Tant que je suis avec vous je ne crains pas autrui. En revanche,
lorsque je suis seule, je me sens beaucoup plus vulnérable
face aux remarques et autres signes extérieurs de jugement.
Je n'ai pas suffisamment confiance en moi pour que cela ne m'agresse
pas.
Maintenant
que tu es ma propriété, tu sais que je vais t'imposer
des aventures souvent extrêmes qui vont nécessiter
ton obéissance aveugle, l'oubli de toi-même et des
conventions. Comment perçois-tu cette nouvelle étape
de notre histoire ?
Comme je vous l'ai dit, tout cela est basé sur la confiance.
Si jamais il m'arrivait quoi que ce soit pendant nos jeux vous
en seriez responsable et je ne manquerais pas de vous le faire
savoir. Il est évident que cela modifierait nettement ma
vision des choses. Pour le moment j'ai confiance en vous, donc
pas de problème...
Dans
cet esprit, une partie de tes obligations vont être de nature
sexuelle, au gré de mes fantaisies. Quel est ton avis ?
Ouh la la ! Vous savez ce que je pense de cela ! Disons que tant
qu'il s'agit de vous et moi, je n'ai aucun problème. Pour
le reste, s'il vous arrivait de me prêter sexuellement à
une autre personne, cela remettrait profondément en cause
notre propre histoire. mais cela, vous le savez...
Tu
sais, d'autre part, que le contrat qui te lie à moi, me
délivre justement de ton avis et des tes désirs
propres. Comment perçois-tu le fait que je t'interroge
aujourd'hui dans ce questionnaire ?
Je pense qu'il est important pour vous de connaître mon
état d'esprit et mes sentiments vis-à-vis de ce
que j'ai vécu. Le fait de ne pas avoir à me demander
mon avis ou mon approbation ne doit pas nous empêcher de
continuer à discuter ensemble, au contraire. De plus, je
pense que, la signature de mon contrat étant très
récente, il est important que nous envisagions les choses
ensemble, en parlant.
D'après
ce que j'en sais, la publication des photos, des vidéos
et des textes de la cérémonie de ton contrat sont
les seuls témoignages de ce genre sur le Net ou ailleurs.
Témoignage réel j'entend, car il y a evidemment
quelques films de fictions qui relatent ce type d'aventure. Quel
est ton sentiment à ce sujet ?
Justement, le mot important est réel. Tant de gens fantasment
sur les rapports BDSM que c'en est parfois risible. Je pense que
c'est une très bonne chose de témoigner de ce que
nous vivons, tout en gardant notre jardin secret bien sûr.
C'est une bonne chose parce que cela montre que nous ne sommes
pas des fous furieux, et qu'au contraire, le respect, le contrôle
et le jeu sont primordiaux. Il ne faut jamais oublier que tout
cela n'est qu'un jeu et doit le rester !
Voici
plusieurs mots dont j'aimerais que tu me dise ce qu'ils évoquent
pour toi : esclavage, fierté, amour, humiliation, dégradation,
regard d'autrui, propriété, obéissance.
Esclavage : c'est un terme très fort, qui par certains
côté évoque des aspects assez négatifs.
Fierté : ce que je ressens auprès de vous.
Amour : Vous et moi.
Humilition : je déteste, je trouve cela profondément
difficile d'un point de vue psychologique.
Dégradation : idem
Regard d'autrui : cela dépend des jours, des situation.
Parfois il me gêne énormément, d'autres fois
non.
Propriété : Je suis votre propriété
dans le cadre de notre jeu. Mais cela ne m'empêche pas de
garder mon libre arbitre et de vous dire ce que je pense.
Obéissance : je vous dois obéissance dans la limite
du contrat que j'ai signé.
Singulièrement,
j'hésite plus qu'avant désormais, à utiliser
comme je le pourrais le pouvoir absolu sur toi que tu m'as accordé
en signant, de ton sang, ton contrat d'esclavage. Qu'en penses-tu
?
Je pense que c'est très sain que vous vous mettiez vous-même
des barrières. Sachant que désormais je ne peux
(presque) plus rien refuser, c'est désormais à vous
de juger ce qui me grandira, ce que fera grandir notre histoire,
et ce qui au contraire pourrait tout briser. C'est très
difficile mais c'est la route que nous avons choisie, sinueuse
et passionnante. Vos hésitations viennent sans doute du
fait que je vous accorde toute ma confiance et que vous savez
que la moindre erreur de votre part peut avoir de lourdes conséquences
dans le cadre de nos jeux. C'est ue énorme responsabilité
à assumer mais je sais que vous l'honorerez.
Pour
conclure enfin, livre-moi la réalité de ton état
d'esprit après que tu ai franchi le seuil de l'esclavage
absolu.
La signature de mon contrat a été un moment très
fort pour nous deux. Un peu de repos nous fera le plus grand bien.
J'ai conscience de ce que cela va changer dans nos jeux mais ce
qui est vraiment important c'est la confiance et l'Amour que nous
avons l'un envers l'autre. Ce contrat nous demande à tous
les deux encore plus de vigilance, d'attention à l'autre.