Le Maître interroge
Petit bilan après deux ans
(25 avril 2002)

 
aïka a commencé son dressage il y a deux ans environ. Un certain nombre d'internautes nous reprochent de ne pas aller assez vite. Pour ma part, j'ai envie de prendre tout mon temps, pour profiter au mieux de chaque progrès. Laïka est dans le même état d'esprit. Voyons où elle en est après deux ans.
 

Laïka, voici maintenant deux ans que tu as commencé ton dressage. Qu'est-ce qui a changé en toi ?
Beaucoup de chose mais il est parfois difficile de dire ce qui a changé du fait du dressage et ce qui a changé du fait de notre relation. Je crois que peu à peu, je sais mieux ce dont j'ai envie, ce que j'aime et ce que je n'aime pas, ce qui me gêne, ce qui me fait plaisir. J'ai aussi appris à aimer une certaine douleur.

Qu'est-ce qui n'a pas changé ?
J'ai toujours du mal à vous dire certaines choses. J'ai toujours peur que vous soyez déçu. Toujours peur de ne pas vous inspirer ce que je souhaite le plus au monde.

Quel est ton sentiment sur les changements qui sont intervenus en toi ?
Je pense que ces changements sont une bonne chose même si cela avance très lentement. Je ne pense pas avoir changé fondamentalement car je me sens toujours la même. Simplement je parviens mieux à exprimer ce qui est en moi, du moins en certaines circonstances.

Jusqu'à présent, j'ai plus joué avec toi comme avec une poupée qu'avec une esclave. Qu'en penses-tu ?
L'idée de la poupée ne correspond pas vraiment à celle que je me fais de moi-même. Je préfère nettement l'image de l'esclave bien vivante qui partage sa douleur et son amour avec son maître.

Y-a-t'il des choses auxquelles tu penses et que tu aimerais réaliser ?
Oui, j'aimerais être encore davantage à vous, être plus près de vous, de votre âme. Ce ne sont pas vraiment des situations concrètes qui me viennent à l'esprit mais plutôt des sensations, des émotions que je souhaite partager avec vous. Je garde cependant un souvenir extrêmemnt ému de cette belle recluse que nous avions rencontré dans le Vaucluse. Oui, c'est le genre d'expériences difficiles et en même temps très riches, très fortes que j'aimerais vivre avec vous.

Y-a-t'il des choses auxquelles tu penses et que tu n'oses pas réaliser ? Ou que tu n'oses pas me dire ?
Oui, mais ce sont des choses très dures et je ne pense pas être encore prête pour cela. Je pense par exemple, au fer rouge, ou à des choses plus psychologiques. Mais le moment viendra...

De temps en temps, nous inversons les rôles. Que ressens-tu dans ces moments-là ?
Un très grand plaisir et en même temps une grande frustration. L'envie d'aller plus loin, mais à ma façon. L'envie de vous faire découvrir de nouvelles choses, de nouveaux plaisirs inconnus de vous. L'envie de vous voir, à votre tour, vous donner totalement à moi. Mais cela demandera du temps car vous êtes plus endurant que moi et j'aimerais peu à peu découvrir ce qui est difficile pour vous, ce qui vous mettra à l'épreuve.

Nous savons tous les deux que le SM tel que nous rêvons de le vivre n'est pas (encore) à notre portée. Parce que pour le vivre bien, il faut être libre de toute entrave financière, professionnelle et familiale. Comment faire à ton avis ?
Je pense que c'est une question de courage et de choix. Je pense aussi que le SM tel que nous souhaitons le vivre, n'est pas incompatible avec une vie professionnelle, familiale... Au contraire. Le SM est pour moi, une façon de nous sublimer, de sublimer le lien qui nous unit. Il ne peut se vivre en dehors de la réalité. A nous de tout faire pour que cette réalité soit à l'image de nos rêves, de nos désirs. A nous de tout faire pour que le monde ressemble un peu plus à ce que nous souhaiterions qu'il soit. A nous aussi, de faire les choix qui rendront notre vie plus belle.

Laïka, petite catin, je vais bientôt te proposer un contrat d'esclavage, qui changera profondément tes habitudes et deviendra progressivement très contraignant. Te sens-tu prête à cela ?
J'ai hâte !!! J'ai envie d'avancer avec vous, en même temps que vous. Je pense aussi que ce contrat ne changera pas seulement mes habitudes. Je vous retourne donc la question. Etes-vous prêt à cela ?

Il y a pas mal de gens qui nous demandent comment faire pour conduire leur compagne (ou leur compagnon) vers les jeux SM. Que leur dirais-tu ?
Je pense qu'on ne peut conduire dans ces jeux qu'une personne avec laquelle on a une relation très profonde. Ce sont des jeux qui mettent les relations à l'épreuve, qui sont difficiles émotionnellement bien plus que physiquement. Aussi, la douleur physique n'est pas la plus intéressante. Il faut être parfaitement maître du jeu et savoir doser les choses. C'est un art qui implique concentration, patience, attention et vigilance. J'ai vu beaucoup de gens pratiquer ce type de jeux sans ressentir la moindre émotion. Il ne suffit pas de donner une fessée ou un coup de fouet, d'attacher quelqu'un ou de lui dire des paroles dures. J'ai vu aussi des couples qui se lançaient dans le SM comme d'autres font un enfant, pour sauver leur couple ou essayer de trouver ou retrouver des émotions perdues. Je pense que le SM sublime et accentue ce qui existe déjà en nous, dans la relation qui nous unit. Mais il ne peut sublimer le néant ni recoller ce qui est brisé. Au contraire : il rend plus beau ce qui est beau et plus sordide ce qui est laid. Alors, désolée mais pas de recette magique, pas de méthode ni de leçon. L'important est ce que l'on ressent, ce que l'on partage avec l'autre, peu importe la manière ou ce qui peut transparaître de l'extérieur.

Au fait... je t'aime.
Moi plus !

 
   
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